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Gianni Infantino veut privatiser la Coupe du monde

La Fifa est au cœur d’une tempête. Gianni Infantino, président de l’instance dirigeante du football mondial depuis 2016, pousse activement un projet qui fait frémir les confédérations : ouvrir le capital commercial de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Et pas n’importe lesquels.

Des investisseurs proches de Trump dans la course

Selon plusieurs sources concordantes, des personnalités liées à la famille Trump figureraient parmi les candidats potentiels à cet investissement. L’information, révélée en marge des discussions internes à la Fifa, a mis le feu aux poudres. On parle d’un fonds susceptible de lever entre 5 et 10 milliards de dollars en échange d’une part des revenus commerciaux générés par le tournoi. La Coupe du monde 2022 au Qatar avait rapporté à elle seule 7,5 milliards de dollars à la Fifa. Les enjeux sont donc colossaux.

But l’identité des investisseurs n’est pas le seul problème. C’est le principe même de la démarche qui choque. Céder une partie des droits commerciaux de la compétition la plus regardée sur la planète — 5 milliards de téléspectateurs pour la finale 2022 — reviendrait à transférer une forme de contrôle à des acteurs extérieurs au mouvement sportif.

Les confédérations montent au créneau

La réaction ne s’est pas fait attendre. Des représentants de l’UEFA, de la CAF et de la CONMEBOL ont exprimé de sérieuses réserves lors de réunions internes tenues ces dernières semaines. Un dirigeant d’une fédération européenne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, n’a pas mâché ses mots : « On ne peut pas laisser la Coupe du monde devenir le jouet de fonds d’investissement qui n’ont aucun compte à rendre au football. »

Still, Infantino avance. Il a présenté ce projet comme une manière de « moderniser » les finances de la Fifa et de « redistribuer davantage » aux fédérations nationales, notamment dans les pays en développement. Un argument qui ne convainc pas tout le monde.

Une gouvernance déjà fragilisée

Ce n’est pas la première fois qu’Infantino se retrouve dans l’œil du cyclone. En 2022, le Procureur fédéral suisse avait ouvert une enquête pénale contre lui — classée depuis — pour des réunions secrètes avec un magistrat. So quand le patron de la Fifa parle de « transparence » et de « bonne gouvernance », ses détracteurs ricanent.

La Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, sera la première édition à 48 équipes. Un format élargi, plus de matchs, des revenus publicitaires en hausse estimée de 30 %. Le timing de ce projet d’ouverture du capital n’est pas anodin.

Et maintenant ?

Le Conseil de la Fifa doit se réunir d’ici la fin du premier trimestre 2025 pour examiner officiellement la proposition. Plusieurs membres annoncent d’ores et déjà leur opposition. Le vote, s’il a lieu, pourrait provoquer la crise institutionnelle la plus grave depuis le scandale de corruption de 2015. Infantino, lui, dit vouloir « le meilleur pour le football ». Reste à convaincre ceux qui pensent exactement le contraire.

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