HSBC mise en examen dans l’affaire Riad Salamé au Liban

La banque britannique HSBC a été mise en examen par la justice française pour complicité de détournement de fonds publics et blanchiment aggravé dans l’affaire Riad Salamé. L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Liban est accusé d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2002 et 2021.

Cette décision constitue un tournant majeur dans ce dossier tentaculaire qui met en lumière les mécanismes de corruption ayant contribué à l’effondrement économique du Liban. C’est la première fois qu’une institution bancaire de cette envergure se retrouve directement impliquée dans cette enquête menée depuis 2021.

Un réseau de comptes suspects

Selon les magistrats parisiens spécialisés dans les crimes financiers, HSBC aurait ouvert et géré plusieurs comptes en Suisse et à Londres pour Riad Salamé et ses proches. Ces comptes auraient servi à dissimuler des commissions illégales prélevées sur des opérations financières libanaises.

Les enquêteurs ont identifié des transferts massifs entre 2007 et 2014. Mais le montage ne s’arrête pas là. Des sociétés écrans basées dans des paradis fiscaux auraient également été utilisées pour brouiller les pistes.

Salamé, au cœur d’un scandale international

Riad Salamé, qui a dirigé la Banque du Liban pendant trente ans, fait l’objet de poursuites dans plusieurs pays européens. La France, l’Allemagne et le Luxembourg ont tous ouvert des enquêtes parallèles sur ses avoirs présumés mal acquis.

L’homme de 73 ans nie catégoriquement les accusations. Yet ses explications sur l’origine de sa fortune personnelle, estimée à plusieurs centaines de millions d’euros, n’ont jamais convaincu les enquêteurs.

Des implications internationales

« Cette mise en examen démontre que les grandes banques internationales ne peuvent plus fermer les yeux sur la provenance des fonds qu’elles gèrent », a déclaré une source proche du dossier judiciaire. « C’est un message fort envoyé au secteur financier. »

HSBC, qui n’a pas souhaité faire de commentaire détaillé, a simplement indiqué coopérer avec les autorités françaises. La banque risque une amende pouvant atteindre plusieurs millions d’euros si sa responsabilité est établie.

Cette affaire intervient alors que le Liban traverse la pire crise économique de son histoire moderne, avec une inflation galopante et l’effondrement de la livre libanaise. Les prochaines audiences devraient permettre de déterminer l’étendue exacte de l’implication de HSBC dans ce système de détournement qui a saigné les finances publiques libanaises pendant près de deux décennies.

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