Investissement locatif : l’État relance le marché en difficulté
L’investissement locatif connaît des jours difficiles en France. Après une chute de 23% des ventes de logements neufs en 2024, le gouvernement déploie une batterie de mesures pour ranimer un marché asphyxié par la hausse des taux d’intérêt et le durcissement des conditions de crédit.
Un marché à l’arrêt depuis deux ans
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de transactions dans l’immobilier locatif a chuté de près de 40% depuis début 2022. Les investisseurs, découragés par des taux de crédit grimpant à 4,5%, ont massivement déserté le marché. La rentabilité locative s’est effondrée dans les grandes villes, où elle peine désormais à dépasser 3% brut à Paris.
Et ce n’est pas tout. Les nouvelles normes énergétiques, qui excluent progressivement les passoires thermiques du marché locatif, obligent les propriétaires à engager des travaux coûteux. Beaucoup préfèrent vendre plutôt que d’investir des dizaines de milliers d’euros dans la rénovation.
Des dispositifs fiscaux renforcés
Pour inverser la tendance, Bercy mise sur le Pinel+, version améliorée de l’ancien dispositif. La réduction d’impôt peut atteindre 21% du montant investi sur douze ans, contre 18% précédemment. Mais le dispositif reste limité aux zones tendues et impose des critères stricts de performance énergétique.
Le gouvernement a également assoupli les conditions du prêt à taux zéro pour les primo-accédants investisseurs. „Nous devons soutenir la construction de logements neufs, essentielle pour répondre aux besoins du pays”, explique un responsable du ministère du Logement.
Les professionnels restent prudents
Les promoteurs immobiliers accueillent ces annonces avec circonspection. Certes, les mesures vont dans le bon sens. Yet ils estiment qu’il faudra du temps avant que le marché ne reparte réellement. Les délais d’instruction des permis de construire s’allongent, les coûts de construction restent élevés, et les banques continuent d’appliquer des critères d’endettement très stricts.
Les premières données de 2025 montrent toutefois un frémissement : les réservations de logements neufs ont progressé de 8% en janvier par rapport à décembre 2024. Un signal encourageant, même si le niveau reste bien inférieur à celui d’avant-crise.
La reprise de l’investissement locatif s’annonce donc progressive. Son ampleur dépendra largement de l’évolution des taux d’intérêt dans les prochains mois et de la capacité des ménages à retrouver confiance dans un marché encore fragile.
