Affaire Lyhanna : des milliers de manifestants réclament justice
Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi soir devant les tribunaux de plus de 160 villes françaises pour exiger des changements radicaux dans le traitement des violences sexuelles. L’affaire Lyhanna, cette fillette de 11 ans tuée par un pédocriminel connu des services de police, a déclenché une vague d’indignation sans précédent dans tout le pays.
„Darmanin démission” scandé dans les rues
À Paris, Lyon, Marseille et Toulouse, les manifestants n’ont pas mâché leurs mots. „Darmanin démission” et „Justice pour nos filles” résonnaient devant les palais de justice. Certains brandissaient des pancartes accusant le ministre de l’Intérieur de ne pas avoir protégé l’enfant. D’autres réclamaient une refonte complète du système judiciaire.
Les chiffres donnent le vertige. Selon les organisateurs, près de 50 000 personnes ont participé aux rassemblements à travers le pays. À Paris seulement, 8 000 manifestants se sont réunis place Dauphine malgré une pluie battante. Beaucoup portaient des bougies et des photos de Lyhanna.
Un système judiciaire pointé du doigt
C’est le dysfonctionnement qui révolte. Le suspect, un homme de 32 ans, avait déjà été condamné pour des faits similaires. Il était sous contrôle judiciaire au moment du drame. Comment a-t-il pu approcher à nouveau une enfant? La question reste sans réponse satisfaisante pour les familles de victimes présentes lundi soir.
„On ne peut plus accepter que nos enfants soient en danger à cause de défaillances du système”, a déclaré une porte-parole des associations de victimes lors du rassemblement parisien. „Chaque jour, des familles vivent l’enfer parce que leurs plaintes ne sont pas prises au sérieux.”
Des associations mobilisées depuis des années
Ces manifestations spontanées s’inscrivent dans un mouvement plus large. Depuis 2017, les associations féministes et de protection de l’enfance alertent sur les lacunes du système. Elles dénoncent notamment les moyens insuffisants alloués aux brigades spécialisées et le manque de formation des policiers.
Le fichier des auteurs d’infractions sexuelles compte aujourd’hui plus de 85 000 noms. Mais son exploitation reste compliquée, selon les enquêteurs eux-mêmes. Les effectifs ne suivent pas.
Le gouvernement sous pression
Le ministre de l’Intérieur n’a pas encore réagi officiellement aux appels à sa démission. Matignon a simplement fait savoir qu’une „évaluation complète des procédures” serait lancée dans les prochains jours. Une réponse jugée insuffisante par les manifestants qui promettent d’autres actions.
De nouveaux rassemblements sont d’ores et déjà prévus ce week-end dans une trentaine de villes. L’affaire Lyhanna pourrait bien marquer un tournant dans la prise en charge des violences faites aux enfants en France.
