Donald Trump portrait

Iran-États-Unis : Trump cède-t-il face à Téhéran sur le nucléaire ?

C’est un tournant que peu d’observateurs avaient anticipé. Un protocole d’accord a été signé entre Washington et Téhéran, ouvrant ce lundi une fenêtre de 60 jours pour négocier un accord définitif sur le programme nucléaire iranien. L’Iran s’engage formellement à ne pas développer ni acquérir l’arme atomique. En échange, les États-Unis promettent de lever l’intégralité des sanctions si les négociations aboutissent. Le vice-président JD Vance a confirmé que le compte à rebours commence aujourd’hui.

Un accord qui ressemble à une concession américaine

Pendant des mois, Donald Trump avait martelé une ligne dure : pas question de négocier tant que l’Iran ne capitulerait pas totalement. Alors, que s’est-il passé ? Le texte signé prévoit la réouverture rapide du détroit d’Ormuz, artère vitale par laquelle transitent environ 20 % du pétrole mondial, et la levée du blocus américain dans les 30 jours. C’est un calendrier serré. Et c’est l’Iran qui obtient un allègement concret avant même la conclusion d’un accord définitif.

Pour ses partisans, Trump a simplement forcé Téhéran à la table des négociations après des mois de pression maximale. Mais les critiques, eux, voient dans ce protocole un aveu de faiblesse diplomatique. Le régime iranien, étranglé économiquement, a certes fait des concessions — mais il repart avec des garanties tangibles dès les premières semaines.

Ormuz, le vrai levier de pression de Téhéran

Le détroit d’Ormuz n’est pas qu’un symbole. Sa fermeture, même temporaire, avait fait bondir les prix du brut de près de 8 % en quelques séances. Des économies entières, de l’Europe au Japon, regardaient cette issue avec angoisse. C’est précisément ce levier qu’a utilisé Téhéran pour arracher des concessions.

L’Iran a fait plier les marchés. Et peut-être Trump avec.

60 jours pour tout régler — ou tout faire exploser

La période de négociation qui s’ouvre est explosive. Soixante jours, c’est à la fois très long en diplomatie et terriblement court pour résoudre des décennies de méfiance mutuelle. Les points de friction restent nombreux : le niveau d’enrichissement de l’uranium autorisé, les mécanismes de vérification internationale, le sort des missiles balistiques iraniens — un dossier que Téhéran refuse catégoriquement d’inclure dans les discussions.

« Nous entrons dans une phase décisive. Les deux parties ont intérêt à aboutir, mais les lignes rouges de chacun sont encore très éloignées », a déclaré un haut responsable européen impliqué dans les discussions, sous couvert d’anonymat.

Et après ?

Si un accord définitif est conclu d’ici 60 jours, il redessinerait l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient — et constituerait, il faut l’admettre, un coup diplomatique majeur pour Trump, quel que soit le prix payé. Si les négociations échouent, la situation risque d’être bien pire qu’avant : un Iran sans contraintes, des marchés pétroliers sous tension, et une crédibilité américaine sérieusement entamée. Le monde retient son souffle. Les 60 jours ont commencé.

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