Lavrov à Niamey : la Russie promet de poursuivre son soutien militaire à l’AES
Sergueï Lavrov était à Niamey ce mercredi pour une réunion qui n’avait rien d’anodin. Le ministre russe des Affaires étrangères a rencontré ses homologues du Mali, du Burkina Faso et du Niger — les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel — pour des consultations qualifiées de « haut niveau ». Au menu : la consolidation d’un partenariat militaire qui ne cesse de s’approfondir, au grand dam des capitales occidentales.
Un engagement militaire réaffirmé avec force
Moscou ne fait plus mystère de ses ambitions dans la région. Selon le communiqué officiel publié à l’issue de la rencontre, la Russie « a confirmé sa volonté de poursuivre son soutien au renforcement des capacités opérationnelles des forces armées de l’AES ». Des mots choisis, mais dont le sens est clair : livraisons d’armements, formation de soldats, présence de paramilitaires — le tout s’inscrit dans une logique de long terme.
Ce déplacement de Lavrov est le signe que Moscou traite désormais l’AES comme un partenaire stratégique à part entière, et non plus comme une simple zone d’influence périphérique.
Une alliance tripartite de plus en plus soudée
Créée en septembre 2023, l’Alliance des États du Sahel regroupe trois juntes militaires qui ont toutes rompu, à des degrés divers, avec leurs anciens partenaires français et européens. Le Mali a été le premier à franchir le pas dès 2021, suivi du Burkina Faso et du Niger. Depuis, les trois pays ont officialisé leur confédération en juillet 2024, avec l’ambition affichée de construire une souveraineté commune face aux menaces jihadistes qui ravagent leurs territoires.
Et c’est là que la Russie s’est engouffrée. Les instructeurs du groupe Wagner — rebaptisé Africa Corps après la mort d’Evgueni Prigojine en août 2023 — sont déployés dans la région depuis plusieurs années. On estime leur nombre à plusieurs milliers sur l’ensemble du Sahel, même si les chiffres exacts restent difficiles à vérifier.
Lavrov joue la carte de la solidarité anti-occidentale
Lors de la réunion de Niamey, le chef de la diplomatie russe n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il appelle le « néocolonialisme » occidental. Un discours rodé, qui résonne particulièrement bien auprès des autorités de transition sahéliennes. « Nos partenaires africains peuvent compter sur la Russie, qui respecte leur souveraineté sans condition », a déclaré un responsable russe présent à la réunion.
Still, cette rhétorique masque des intérêts bien concrets : accès aux ressources minières, projection de puissance en Afrique, affaiblissement de l’influence française et américaine dans une région jugée stratégique.
Quelle suite pour ce partenariat ?
La visite de Lavrov ne sera sans doute pas la dernière. Les discussions auraient également porté sur une intensification des échanges économiques et sur la possibilité d’ouvrir de nouvelles bases logistiques communes. Pour les trois pays du Sahel, qui font face à des insurrections armées persistantes, le soutien russe est devenu un pilier de leur stratégie sécuritaire — qu’on l’approuve ou non.
