Moyen-Orient : la reprise des frappes enterre le protocole d’accord

La treizième nuit consécutive de bombardements sur le sol iranien a tout fait basculer. Vendredi, Téhéran a annoncé avoir frappé à l’aide de drones des installations militaires américaines au Bahreïn, en Jordanie et au Koweït, plongeant la région dans une nouvelle spirale de violence qui semble condamner tout espoir de négociation à court terme.

Une escalade qui ne faiblit pas

Treize nuits. C’est le compteur macabre qui s’affiche depuis que les frappes ont repris dans la région. L’Iran, qui avait jusqu’ici maintenu un profil relativement bas sur la scène diplomatique, a cette fois franchi un cap symbolique en ciblant directement des installations liées à l’armée américaine. Trois pays du Golfe visés en une seule opération, c’est du jamais-vu depuis des mois. Les drones iraniens, selon les premières images diffusées par des sources locales, ont causé des dégâts matériels significatifs, même si Washington n’a pas encore communiqué de bilan officiel des pertes.

But derrière les communiqués militaires, c’est surtout la question politique qui brûle. Que reste-t-il du protocole d’accord laborieusement négocié ces dernières semaines ?

Le protocole d’accord, victime collatérale

Les diplomates qui avaient planché pendant plusieurs semaines sur un texte censé stabiliser la situation dans le Golfe regardent aujourd’hui leur travail partir en fumée — au sens presque littéral. Un haut responsable européen impliqué dans les discussions a confié sous couvert d’anonymat : « On ne peut pas signer un accord le matin et encaisser des frappes le soir. La confiance, ça se construit sur des actes, pas sur des déclarations. »

And c’est là le nœud du problème. Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir rompu une trêve informelle qui tenait depuis 11 jours. Washington pointe du doigt des mouvements de troupes iraniens dans la région d’Ahvaz dès le 3 du mois. Téhéran, lui, dénonce des « provocations systématiques » orchestrées depuis des bases américaines au Qatar et aux Émirats arabes unis.

Les capitales arabes entre deux feux

Pour Ryad, Amman ou Manama, la situation est inconfortable. Ces gouvernements avaient tacitement soutenu le processus de négociation, y voyant une chance de respirer après des mois de tension. Yet les voilà pris dans un conflit qu’ils n’ont pas choisi. Le Bahreïn, qui abrite la Ve flotte américaine, se retrouve en première ligne malgré lui. Selon des sources proches du gouvernement bahreïni, trois sites ont été touchés, dont une zone logistique à 15 kilomètres de la capitale Manama.

Quel avenir pour la diplomatie régionale ?

So que se passe-t-il maintenant ? Les chancelleries occidentales multiplient les appels au calme, mais personne ne croit vraiment à une désescalade rapide. Les prochaines 48 heures seront décisives. Still, certains observateurs refusent de prononcer l’oraison funèbre du protocole. « Les guerres ont cette particularité d’épuiser tout le monde », note un analyste basé à Beyrouth. « Et l’épuisement, parfois, c’est ce qui ramène les gens à la table. »

Reste à savoir si cette table existera encore demain.

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