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UEFA contre la Fifa : les Européens menacent de boycotter le Mondial

C’est un séisme dans le monde du football. L’UEFA a franchi jeudi un pas radical en menaçant de boycotter la Coupe du monde si Gianni Infantino persistait dans son projet d’ouvrir le capital commercial du tournoi à des fonds d’investissement privés. Les 55 fédérations membres, réunies en session extraordinaire à Nyon, ont voté à l’unanimité — zéro abstention, zéro vote contre — une résolution de retrait du Mondial en cas d’adoption de cette réforme.

Un projet qui fait trembler les instances du football

Depuis plusieurs semaines, le président de la Fifa travaillait en coulisses à un partenariat avec des investisseurs institutionnels, dont certains fonds souverains du Golfe, pour monétiser les droits commerciaux du Mondial. L’objectif affiché : injecter plusieurs milliards de dollars dans les caisses de l’instance mondiale et financer l’expansion du football dans de nouveaux marchés. But pour l’UEFA, c’est une ligne rouge. La gouvernance du football ne se vend pas.

Un dirigeant européen proche du dossier a résumé la position des 55 membres en termes clairs : « Nous ne pouvons pas accepter qu’une poignée d’actionnaires privés aient leur mot à dire sur l’organisation de la compétition la plus regardée au monde. C’est une question de principe, pas de business. »

Une unanimité qui pèse lourd

Ce vote unanime, c’est rare. Très rare. Les fédérations européennes s’accordent rarement sur tout, encore moins avec une telle rapidité. Pourtant, en moins de 48 heures, le président de l’UEFA a réussi à fédérer des nations aussi différentes que l’Allemagne, la Géorgie, le Luxembourg ou la Serbie autour d’une même position.

Si l’Europe se retire, c’est 13 équipes qualifiées automatiquement qui disparaissent du tableau. Le Mondial perd instantanément une grande partie de sa valeur télévisuelle et commerciale.

Infantino face au mur européen

Du côté de la Fifa, on n’a pas encore répondu officiellement. Infantino, actuellement en déplacement à Doha, est attendu à Zurich la semaine prochaine pour un conseil extraordinaire. So la pression est maximale. Il sait que sans les sélections européennes — Espagne, France, Angleterre, Allemagne, Portugal — un Mondial n’est plus tout à fait un Mondial.

Yet rien ne dit qu’il reculera. L’homme a déjà survécu à plusieurs crises de gouvernance et dispose d’un soutien solide en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, où ses programmes de financement direct aux fédérations ont créé des allégeances durables.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs. L’UEFA a fixé une date butoir informelle au 15 du mois prochain pour obtenir une réponse officielle de la Fifa. And si aucun compromis n’émerge, l’Europe devra décider si sa menace n’était que du bluff — ou le début d’une rupture historique.

Le football mondial retient son souffle.

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