Un électeur glisse une enveloppe de vote dans l'urne d'un bureau de vote

UEFA : vote unanime pour boycotter le Mondial face à la Fifa

L’UEFA a frappé un grand coup. Réunis en congrès extraordinaire ce jeudi, les 55 fédérations membres ont voté à l’unanimité pour boycotter la Coupe du monde si la Fifa donne le feu vert au projet controversé d’un fonds d’investissement privé destiné à financer ses compétitions. Une décision historique qui place le football européen en état de guerre ouvert avec l’instance dirigeante mondiale.

Un vote sans précédent dans l’histoire du football

55 voix pour, zéro contre. Le message est limpide. Jamais dans l’histoire de l’UEFA, une position aussi radicale n’avait été adoptée de façon aussi unanime. Le président Aleksander Čeferin, qui pilotait les débats depuis Nyon, a qualifié le projet de la Fifa de « menace existentielle pour le football européen ». Les délégués n’ont délibéré que 40 minutes avant de trancher. C’est dire l’état d’esprit qui régnait dans la salle.

Le projet en question prévoit l’entrée d’un consortium d’investisseurs privés à hauteur de 25 % dans une nouvelle entité commerciale chapeautant les revenus des compétitions de la Fifa, dont le Mondial. Une transaction estimée à plus de 8 milliards de dollars. Pour les Européens, c’est une ligne rouge.

La Fifa prise en étau

Gianni Infantino, président de la Fifa, se retrouve dans une position délicate. Lui qui défend ce partenariat depuis des mois comme un levier indispensable pour développer le football dans les pays émergents voit désormais les clubs et sélections les plus puissants du monde lui tourner le dos. Et sans l’Europe, pas de Mondial crédible — c’est une réalité arithmétique que personne ne peut ignorer.

Un responsable de l’UEFA, sous couvert d’anonymat, a résumé la situation sans détour : « Nous ne vendons pas le football au plus offrant. Ce vote envoie un signal clair : l’UEFA est prête à aller jusqu’au bout. »

Les clubs européens solidaires des fédérations

L’ECA, l’Association européenne des clubs qui regroupe des mastodontes comme le Real Madrid, le Bayern Munich ou Manchester City, a apporté son soutien immédiat à la décision. Près de 700 clubs membres ont été consultés en amont du vote. La convergence de vues entre les fédérations nationales et les clubs professionnels est, elle aussi, inédite.

C’est peut-être là le vrai coup de force de l’UEFA. Réussir à aligner tout le monde.

Quelle suite pour les négociations ?

La balle est maintenant dans le camp de la Fifa, qui doit statuer sur le projet lors de son prochain conseil, prévu dans six semaines. Si Infantino maintient le cap, les prochains mois s’annoncent explosifs. Certains observateurs évoquent déjà un scénario à la Super League, mais inversé — cette fois, c’est l’établissement qui menace de claquer la porte.

Une chose est sûre : le football mondial entre dans une zone de turbulences dont personne, pour l’heure, ne connaît l’issue.

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