Nouvelle fiscalité automobile : le plan du gouvernement dévoilé
Face à une chute vertigineuse des ventes de voitures neuves, le gouvernement français s’apprête à révolutionner la fiscalité automobile. Les immatriculations ont chuté de 3,2% en janvier 2025 par rapport à l’année précédente, avec seulement 128 000 véhicules vendus.
Un secteur automobile en pleine crise
Les chiffres sont sans appel. Le marché français traverse l’une de ses pires périodes depuis la pandémie. Les voitures électriques, censées tirer le secteur vers le haut, ne représentent que 16,8% des ventes totales en janvier. C’est loin des objectifs fixés par Bruxelles.
Et les constructeurs français souffrent particulièrement. Renault et Stellantis ont vu leurs parts de marché s’éroder face à la concurrence chinoise et allemande. Les usines tournent au ralenti, et des plans sociaux se profilent à l’horizon.
Les grandes lignes de la réforme fiscale
Bercy prépare un dispositif qui devrait être présenté d’ici la fin mars. Au menu : une révision complète du bonus écologique, actuellement plafonné à 7 000 euros pour les véhicules électriques. Le gouvernement envisage de le porter à 9 000 euros pour les ménages les plus modestes, tout en durcissant le malus pour les SUV thermiques de plus de 1 800 kilos.
Mais la mesure la plus controversée concerne le leasing social. Initialement budgétisé pour 100 000 véhicules en 2024, il pourrait être étendu à 150 000 unités cette année. Le hic ? Son coût estimé à plus d’un milliard d’euros fait grincer des dents au ministère des Finances.
„Nous devons trouver un équilibre entre soutien à l’industrie automobile et contraintes budgétaires,” a confié un haut fonctionnaire de Bercy sous couvert d’anonymat. „L’objectif n’est pas de créer une dépendance aux aides publiques.”
Les professionnels entre espoir et scepticisme
Les concessionnaires espèrent que cette réforme redonnera de l’air au secteur. Pourtant, certains restent prudents. La fiscalité automobile change si souvent que les clients s’y perdent. Et ça n’aide pas les ventes.
Le patronat automobile, lui, réclame aussi un assouplissement des normes européennes CAFE, qui imposent des quotas de ventes de véhicules électriques. Sans quoi les amendes pourraient atteindre plusieurs milliards d’euros pour les constructeurs français cette année.
La nouvelle fiscalité entrera en vigueur dès juillet 2025. Reste à savoir si elle suffira à relancer une machine grippée depuis trop longtemps. Le gouvernement parie sur une reprise des ventes de 5 à 7% d’ici la fin de l’année. Un objectif ambitieux dans un contexte économique toujours incertain.
