Présidentielle 2027 : le RN durcit son discours sur la Russie, mais peine à convaincre

Le Rassemblement National veut tourner la page. À moins de deux ans de la présidentielle de 2027, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella affiche désormais une ligne nettement plus ferme vis-à-vis de Moscou. « La politique étrangère de la France ne saurait être déterminée à Moscou », a martelé un cadre du parti lors d’une conférence de presse tenue cette semaine à Paris. Un changement de ton qui n’a pas manqué de susciter des réactions, et pas des plus bienveillantes.

Un repositionnement stratégique en vue de 2027

Le RN tente depuis plusieurs mois de se débarrasser d’une étiquette collante : celle d’un parti trop complaisant avec le Kremlin. Les images de Marine Le Pen posant aux côtés de Vladimir Poutine en 2017, le prêt de 9 millions d’euros contracté en 2014 auprès d’une banque russo-tchèque, ou encore les déclarations ambiguës lors des premières semaines de l’invasion de l’Ukraine en février 2022 — tout cela ressurgit régulièrement dans le débat public.

Depuis, le parti a opéré un virage. Il soutient officiellement l’Ukraine, vote certaines aides militaires au Parlement européen, et ses responsables multiplient les sorties pour affirmer leur attachement à la souveraineté française. « Nous avons toujours défendu les intérêts de la France en premier lieu », insiste-t-on dans l’entourage de Bardella.

Mais les critiques ne désarment pas. Des élus de gauche comme du camp macroniste dénoncent ce qu’ils appellent un « double discours » assumé. And pour cause : au Parlement européen, plusieurs votes récents du groupe ID, auquel appartient le RN, ont bloqué ou dilué des mesures de soutien à Kiev. Les faits, disent-ils, contredisent les mots.

Un passif difficile à effacer avant l’échéance électorale

C’est là le nœud du problème. Le RN peut changer de langage, il ne peut pas réécrire l’histoire. Et dans une campagne présidentielle où la politique étrangère s’annonce centrale — la guerre en Ukraine dure depuis plus de trois ans, l’OTAN reste sous tension —, chaque déclaration sera scrutée.

Le parti espère capitaliser sur une fatigue de l’électorat face au conflit. Still, convaincre les Français qu’il est un partenaire fiable sur la scène internationale reste un défi colossal.

Les prochains mois, avec notamment les débats budgétaires européens prévus au printemps 2026, seront un test grandeur nature.

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