Tchad : la sécheresse plonge les agriculteurs dans la détresse

La sécheresse frappe durement le Tchad cette saison. Les pluies, bien en deçà des moyennes habituelles, menacent directement les récoltes de millions de paysans tchadiens et laissent les pâturages à sec dans de nombreuses régions du pays.

Des champs asséchés, une angoisse grandissante

Dans les provinces du Sahel et du Batha, les agriculteurs regardent le ciel avec une inquiétude croissante. Cette année, les précipitations auraient chuté de près de 40 % par rapport à la moyenne des dix dernières années dans certaines zones. Les semences de mil et de sorgho, cultures vivrières de base, peinent à lever. Résultat : des familles entières anticipent déjà des mois difficiles.

Pour les éleveurs, c’est une double peine. Sans herbe, sans eau, le bétail dépérit. Certains ont déjà perdu plusieurs têtes de bœufs, un désastre économique pour des ménages qui ne disposent d’aucun filet de sécurité.

Le gouvernement tchadien n’est pas resté sourd à ces signaux d’alarme.

« Nous avons déclenché un plan de réponse préventif, incluant la distribution de semences améliorées et la mise en place de stocks alimentaires d’urgence dans les zones les plus vulnérables », a déclaré un responsable du ministère de l’Agriculture, sans donner davantage de détails sur les montants engagés.

Mais sur le terrain, les habitants restent sceptiques. Les promesses gouvernementales ont souvent tardé à se concrétiser par le passé. Et cette fois, le calendrier agricole ne laisse que peu de marge. Chaque semaine perdue, c’est une récolte compromise un peu plus.

Les organisations humanitaires, elles, tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs semaines. Selon certaines estimations, près de 2,5 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire d’ici la fin de l’année si aucune intervention majeure n’est engagée rapidement. La prochaine saison des pluies sera décisive.

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