Ukraine : les routes secrètes des combattants africains recrutés par la Russie

Des centaines de jeunes Africains se retrouvent sur le front ukrainien sans l’avoir vraiment choisi. Recrutés via des réseaux opaques, souvent sous prétexte d’un emploi ou d’une formation, ils découvrent la réalité de la guerre une fois en Russie. Beaucoup n’en reviennent pas.

Un recrutement fondé sur le mensonge

Le mécanisme est rodé. Des intermédiaires approchent des jeunes hommes au Mali, en Centrafrique, au Cameroun ou encore au Sénégal, leur promettant des salaires attractifs pour des missions vagues — sécurité privée, logistique, travaux de chantier. Direction Moscou. Et là, tout bascule. Contrats en cyrillique impossibles à lire, passeports confisqués, formation militaire accélérée.

Noé Michalon, journaliste auteur d’une enquête pour *Africa Intelligence*, a documenté plusieurs de ces trajectoires. Selon ses recherches, des dizaines de combattants africains auraient déjà été tués sur le front, dans des unités souvent envoyées en première ligne.

Karfa Diallo, président de l’association Mémoires et partages, est catégorique : « C’est une forme moderne de traite des êtres humains, habillée en opportunité économique. »

Les familles, elles, apprennent parfois le décès de leurs proches des semaines après les faits, sans explication officielle, sans corps rapatrié.

Ces pratiques s’inscrivent dans la stratégie russe de compenser ses pertes humaines colossales par des recrues venues d’ailleurs. L’Afrique, terrain d’influence croissante pour Moscou, devient un vivier.

La question qui se pose désormais est simple et brutale : combien d’autres partiront avant que les gouvernements africains réagissent vraiment ?

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