Budget 2027 : Lecornu tape du poing sur la table face à ses ministres
C’est un coup de semonce rare. Sébastien Lecornu a convoqué une réunion interministérielle tendue ce mercredi pour recadrer plusieurs membres de son gouvernement dont les demandes budgétaires pour 2027 dépassent largement les enveloppes allouées. Le Premier ministre n’a pas mâché ses mots : les arbitrages sont non négociables.
Des dépassements qui s’accumulent
Selon des sources proches du dossier, plusieurs ministères auraient soumis des projections de dépenses en hausse de 8 à 12 % par rapport aux plafonds fixés en début d’année. Le ministère de la Transition écologique et celui des Solidarités seraient parmi les plus concernés, avec des demandes supplémentaires cumulées dépassant les 4,3 milliards d’euros. Un chiffre que Bercy refuse catégoriquement d’entériner.
Yet l’exécutif se retrouve dans une position délicate. La France doit ramener son déficit public sous la barre des 3 % du PIB d’ici à 2027, conformément aux engagements européens. Et les marges de manœuvre sont quasi inexistantes après deux années consécutives de dérapage budgétaire.
Un message sans ambiguïté
Lecornu a été direct. «Chaque ministre est responsable de son périmètre. Il n’y aura pas de rallonge en fin d’exercice», a-t-on indiqué dans l’entourage du chef du gouvernement. Le ton employé lors de cette réunion, qualifiée de «particulièrement ferme» par plusieurs participants, tranche avec les habituelles négociations en coulisses.
Still, certains ministres résistent. Deux d’entre eux auraient demandé un arbitrage présidentiel, une démarche que Matignon perçoit comme une tentative de contournement. Ce n’est pas la première fois que ce type de bras de fer se produit en fin de cycle budgétaire, mais la pression politique rend les tensions plus visibles cette année.
L’équation budgétaire impossible ?
Le calendrier est serré. Le projet de loi de finances pour 2027 doit être transmis au Conseil d’État avant la mi-juillet, puis présenté en Conseil des ministres fin août. Chaque jour de retard dans les arbitrages réduit les délais de rédaction des textes réglementaires.
La direction du Budget a déjà envoyé trois lettres de cadrage depuis janvier, une procédure inhabituelle qui témoigne des difficultés à tenir les lignes. Au total, c’est près de 14 milliards d’euros d’économies supplémentaires que l’exécutif cherche à identifier d’ici à la présentation officielle du texte.
Les prochaines semaines seront décisives.
Et maintenant ?
Lecornu a fixé une échéance claire : chaque ministère doit remettre une copie révisée de ses prévisions de dépenses avant le 20 juin. But au-delà de la discipline budgétaire affichée, c’est aussi une démonstration d’autorité politique de la part d’un Premier ministre qui doit s’imposer sur l’ensemble du spectre gouvernemental avant une échéance électorale qui se rapproche. 2027, c’est demain.
