Brian Molko de Placebo : « Nous savions qu’on était différents »

Une différence assumée dès le premier jour

Brian Molko n’a jamais cherché à plaire à tout le monde. C’est peut-être ce qui a sauvé Placebo. Dans un entretien accordé au Monde, le chanteur et guitariste du groupe britannico-américain revient sur ces années 1990 où lui et son acolyte Stefan Olsdal débarquaient dans un Londres grunge et lisse à la fois, avec un son et une esthétique qui ne ressemblaient à rien de ce qui existait alors. « À nos débuts, nous étions conscients d’être complètement différents », dit-il, sans la moindre nostalgie dans la voix. Juste un constat.

Fondé en 1994 à Londres, Placebo a sorti son premier album éponyme en 1996. Dès les premières semaines, le disque s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires au Royaume-Uni. Pas mal pour un groupe qu’on disait inclassable, voire dérangeant. Molko, avec son maquillage, ses vêtements androgynes et sa voix haut perchée, incarnait quelque chose que la pop culture de l’époque ne savait pas encore nommer.

L’étrangeté comme bouclier

But cette singularité n’était pas une posture. Molko insiste là-dessus. « Ce n’était pas du tout calculé. On ne se disait pas ‘soyons différents pour choquer’. On était juste… nous-mêmes. Et ça suffisait à faire peur à certains. » And c’est précisément cette authenticité brute qui a fédéré une fanbase d’une loyauté rare, composée en grande partie de jeunes gens qui se sentaient, eux aussi, en marge.

Le groupe a toujours parlé de thèmes difficiles — dépression, identité, addictions, sexualité. Pas par provocation. Par nécessité.

Trente ans de carrière, et après ?

Placebo a sorti son huitième album studio, Never Let Me Go, en 2022. Enregistré en partie pendant la pandémie, il a atteint le top 5 dans sept pays européens. Yet Molko refuse de se laisser enfermer dans un bilan. « Je n’ai pas envie de regarder en arrière comme si c’était fini. On est toujours là. On joue encore. »

Le groupe prépare une tournée mondiale dont plusieurs dates européennes sont prévues pour 2025, avec un passage confirmé en France. Les billets pour certaines salles étaient épuisés en moins de 48 heures.

Une influence qui dépasse les générations

Des artistes comme Billie Eilish ou Lorde ont cité Placebo parmi leurs influences. So la question de l’héritage se pose naturellement. Un critique musical parisien résume bien la chose : « Placebo a ouvert une porte que personne d’autre n’avait osé pousser. Celle d’une pop sombre, sexuellement ambiguë et émotionnellement honnête. »

Still, Molko n’aime pas trop qu’on lui parle d’héritage. Ça fait trop posthume, dit-il en riant. Il préfère parler du prochain disque, du prochain concert, du prochain mot qu’il va écrire. À 51 ans, Brian Molko n’a visiblement pas fini d’être différent.

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