Baccalauréat : le lycée Carnot face au casse-tête des épreuves de spécialités

Cette semaine, le lycée Carnot, dans le 17e arrondissement de Paris, a vécu au rythme tendu des épreuves de spécialités du baccalauréat. Salles insuffisantes, emplois du temps chamboulés, professeurs réquisitionnés à la dernière minute : l’organisation de ces examens, introduits par la réforme Blanquer de 2019, continue de poser des problèmes concrets sur le terrain.

Un établissement sous pression

Le lycée Carnot accueille environ 2 200 élèves, dont près de 700 en classe de terminale. Organiser les épreuves de spécialités pour ces lycéens, qui ont chacun choisi deux matières parmi une dizaine de possibilités, relève d’un puzzle logistique redoutable. Certains jours, jusqu’à douze combinaisons différentes d’épreuves doivent se tenir en parallèle. Et trouver assez de salles disponibles, tout en maintenant les cours pour les secondes et premières, tient parfois du miracle.

Les surveillants manquent aussi. Plusieurs enseignants ont confié avoir été prévenus moins de 24 heures à l’avance de leur convocation pour surveiller des épreuves, au détriment de leurs propres classes.

Des élèves entre stress et incompréhension

Pour les candidats, la situation n’est pas non plus sans conséquences. Certains ont appris leur salle d’examen le matin même, d’autres ont attendu dans des couloirs faute de place assise. « On nous demande d’être au top le jour J, mais l’organisation autour de nous donne l’impression que personne n’a vraiment anticipé », témoigne une élève de terminale ayant passé les épreuves de mathématiques et de physique-chimie en moins de 48 heures.

Ces épreuves, qui comptent désormais pour 16 % de la note finale du bac, représentent un enjeu considérable. Yet les conditions dans lesquelles elles se déroulent semblent parfois bien éloignées de leur importance officielle.

Une réforme qui creuse les inégalités de moyens

La réforme du baccalauréat visait à personnaliser les parcours des lycéens. But elle a aussi complexifié à l’extrême la gestion des examens pour les établissements. Les lycées disposant de peu de personnels administratifs ou de locaux exigus sont en première ligne. À Carnot, établissement pourtant bien doté par rapport à d’autres, la direction a dû mobiliser l’ensemble de son équipe de vie scolaire pendant toute la semaine.

Du côté du rectorat de Paris, on reconnaît les difficultés sans pour autant les minimiser. « Nous travaillons chaque année à améliorer la coordination avec les établissements pour que ces épreuves se déroulent dans les meilleures conditions possibles », a indiqué un responsable académique.

Et maintenant ?

Les épreuves de spécialités terminées, les lycéens de terminale entrent désormais dans la dernière ligne droite avant les épreuves écrites de juin. Pour les proviseurs et leurs équipes, le bilan de cette session servira, espèrent-ils, à alerter les autorités éducatives sur la nécessité de revoir les moyens alloués à l’organisation de ces examens. Still, sans ajustements structurels, les mêmes difficultés risquent fort de se reproduire en 2026.

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