Surveillance cameras outdoors security

Stations de police chinoises clandestines démantelées en France

La France a ordonné la fermeture de plusieurs « stations de police » clandestines opérées par la Chine sur son territoire, selon des informations confirmées par le ministère de l’Intérieur. Ces structures, dissimulées derrière des façades associatives ou commerciales, servaient à surveiller et à intimider des ressortissants chinois vivant en France.

Des bureaux secrets au cœur des grandes villes

Au moins deux de ces antennes auraient été identifiées à Paris, dont l’une installée dans le 13e arrondissement, quartier historiquement fréquenté par la diaspora chinoise. Les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont travaillé plusieurs mois avant de procéder aux fermetures. Ces « stations » ne sont pas des commissariats au sens classique du terme. But elles remplissent des fonctions policières : pression sur des opposants, incitation au retour forcé en Chine, collecte de renseignements sur des dissidents.

Ce réseau s’inscrit dans un phénomène mondial documenté depuis 2022 par l’ONG espagnole Safeguard Defenders, qui a recensé plus de 50 de ces structures dans une cinquantaine de pays. La France n’était donc pas une exception. Yet elle fait partie des premiers pays européens à avoir agi aussi concrètement.

Une atteinte caractérisée à la souveraineté nationale

« Aucun État étranger n’a le droit d’exercer des fonctions de police sur le territoire de la République », a déclaré un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, sous couvert d’anonymat. Et les autorités françaises ne semblent pas disposées à laisser passer l’affaire sans suite judiciaire.

Des procédures pénales seraient en cours contre plusieurs individus identifiés comme coordinateurs de ces réseaux. Certains auraient la double nationalité franco-chinoise. Le parquet national antiterroriste (PNAT) pourrait être saisi si les investigations révèlent des liens avec des services de renseignement chinois, notamment le Ministère de la Sécurité d’État (MSS).

Pékin dément, Paris maintient la pression

Du côté de l’ambassade de Chine à Paris, le démenti est catégorique. Les autorités chinoises affirment qu’il s’agit de simples « centres de services volontaires » aidant des compatriotes à renouveler leur permis de conduire ou à remplir des formalités administratives à distance. So rien d’illégal, selon elles.

Sauf que les témoignages recueillis racontent une autre histoire. Plusieurs ressortissants chinois ont confié aux enquêteurs avoir reçu des appels téléphoniques les enjoignant à rentrer en Chine, parfois accompagnés de menaces visant leurs proches restés au pays.

Un signal fort à l’échelle européenne

La décision française intervient dans un contexte de durcissement général des relations entre l’Union européenne et Pékin sur les questions d’ingérence étrangère. L’Irlande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont eux aussi pris des mesures similaires ces derniers mois.

Still, la question des moyens alloués au contre-espionnage reste posée. La DGSI, avec ses effectifs limités, doit faire face à des menaces de plus en plus diversifiées. Les prochains mois diront si cette fermeture marque un tournant durable dans la politique française face aux ingérences étrangères.

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