Conférence sur l’Ukraine à Gdansk : Zelensky brillera par son absence

La ville polonaise de Gdansk ouvre ses portes jeudi à une conférence internationale consacrée à la reconstruction de l’Ukraine, mais sans son visage le plus attendu. Volodymyr Zelensky ne fera pas le déplacement. C’est sa Première ministre, Ioulia Svyrydenko, qui conduira la délégation ukrainienne lors de cet événement qui réunit, jeudi et vendredi, des responsables politiques et des acteurs économiques venus de toute l’Europe.

Des tensions qui parlent d’elles-mêmes

L’absence du président ukrainien n’est pas anodine. Elle reflète un froid diplomatique persistant entre Varsovie et Kiev, deux capitales pourtant alliées depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Les frictions commerciales autour des exportations de céréales ukrainiennes, qui ont ébranlé les agriculteurs polonais ces derniers mois, ont laissé des traces. Et les déclarations parfois acerbes des deux côtés n’ont rien arrangé.

Zelensky avait pourtant fait de ces conférences de reconstruction un outil diplomatique central. Il y a participé à Londres en 2023, puis à Berlin en 2024. Son absence à Gdansk envoie un signal.

Svyrydenko aux commandes d’une délégation technique

La Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko, également vice-Première ministre chargée de l’économie, n’est pas une inconnue sur la scène internationale. Elle a piloté plusieurs rounds de négociations avec le FMI et la Banque mondiale. Sa présence à Gdansk donne à cette édition un tour résolument économique, loin des grandes envolées lyriques.

Selon un responsable européen présent à la conférence, « l’objectif concret cette année, c’est de mobiliser des engagements financiers privés. Les fonds publics ne suffiront pas. » Les besoins de reconstruction de l’Ukraine sont estimés à plus de 486 milliards de dollars sur dix ans, selon les dernières projections de la Banque mondiale publiées en 2024.

Gdansk, symbole choisi avec soin

Le choix de la ville n’est pas anodin non plus. Gdansk, ancien Danzig, berceau du syndicat Solidarność, incarne la résistance à l’oppression soviétique. Accueillir ici une conférence sur l’avenir de l’Ukraine porte une charge symbolique forte que les organisateurs polonais ont pleinement assumée.

Plus de 40 pays et une vingtaine d’organisations internationales ont confirmé leur participation. Les secteurs de l’énergie, des infrastructures et du numérique seront au cœur des discussions.

Un avenir sous conditions

Still, tout le monde garde un œil sur le front. Tant que les combats se poursuivent dans l’est et le sud du pays, la reconstruction reste un pari sur l’avenir. Les investisseurs privés hésitent. Les garanties de sécurité demandées par Kiev ne sont toujours pas formalisées par l’OTAN.

La conférence de Gdansk se terminera vendredi avec la publication d’une déclaration commune. Ce won’t pas être suffisant pour reconstruire un pays. Mais ça pourrait être un pas de plus vers les milliards qui manquent encore.

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