Frappes américaines sur l’Iran : les infrastructures civiles touchées

Les frappes américaines sur l’Iran ont repris de plus belle vendredi, marquant une nouvelle escalade dans un conflit qui menace désormais de dépasser les seules cibles militaires. L’armée américaine a confirmé avoir lancé une deuxième vague d’attaques après que Téhéran a riposté en visant des installations dans plusieurs pays du Golfe, alliés historiques de Washington.

Une deuxième vague de frappes sans précédent

Le Pentagone a indiqué que les frappes de vendredi ont mobilisé plus de 40 appareils, dont des bombardiers B-2 Spirit au départ de la base de Diego Garcia, ainsi que des missiles de croisière tirés depuis des sous-marins positionnés en mer d’Oman. Les cibles déclarées incluaient des sites liés au programme nucléaire iranien, notamment à Natanz et à Fordow. Mais des témoins sur place font état de destructions bien au-delà des périmètres militaires.

À Ispahan, des habitants décrivent des quartiers résidentiels soufflés par le souffle des explosions. Des hôpitaux auraient subi des coupures de courant prolongées à la suite d’atteintes au réseau électrique. Le bilan humain reste difficile à établir de manière indépendante, les autorités iraniennes avançant un chiffre provisoire de 127 civils tués depuis le début des opérations.

L’Iran frappe les pays du Golfe

En représailles, l’Iran a ciblé des installations dans au moins deux États du Golfe. Des missiles balistiques ont touché une raffinerie aux Émirats arabes unis, interrompant temporairement une partie de la production. Au Koweït, une base abritant des soldats américains a essuyé une dizaine de tirs de roquettes, sans faire de victimes confirmées côté américain selon le Pentagone.

C’est la première fois depuis des décennies que des infrastructures civiles du Golfe sont directement touchées dans le cadre d’un conflit impliquant les États-Unis et l’Iran.

Les civils, premières victimes d’un conflit qui s’emballe

« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour limiter les dommages collatéraux, mais la nature des cibles iraniennes rend cela extrêmement complexe », a déclaré un haut responsable du département de la Défense américain, sous couvert d’anonymat.

Des organisations humanitaires, dont le CICR, ont appelé à une trêve immédiate pour permettre l’acheminement de secours. L’ONU a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité pour samedi matin. Sur le terrain, des millions d’Iraniens font face à des pannes d’eau et d’électricité touchant Téhéran et plusieurs grandes villes.

Jusqu’où peut aller l’escalade ?

La question qui hante désormais les capitales occidentales, c’est celle du point de rupture. Washington n’a pas exclu de nouvelles frappes si l’Iran poursuit ses attaques contre les alliés américains dans la région. Et Téhéran a promis une réponse « décuplée » à toute nouvelle offensive. Les marchés pétroliers ont réagi brutalement : le baril de Brent a bondi de 14 % en deux jours, frôlant les 112 dollars vendredi soir.

Still, aucun canal diplomatique officiel ne semble aujourd’hui ouvert entre les deux pays. La semaine à venir s’annonce décisive.

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