Zelensky limoge Syrsky et nomme un nouveau chef de l’armée ukrainienne
Volodymyr Zelensky a annoncé ce mardi le limogeage d’Oleksandre Syrsky, commandant en chef de l’armée ukrainienne, dans un contexte de pression populaire croissante et de critiques acerbes sur sa gestion du front. Mykhaïlo Drapaty, jusqu’ici peu connu du grand public, prend sa succession.
Une décision qui couvait depuis des semaines
Ça ne surprend personne dans les cercles militaires de Kiev. Depuis plusieurs jours, des manifestants réclamaient ouvertement la tête de Syrsky, jugé trop rigide, trop coûteux en vies humaines, et incapable de stabiliser une ligne de front qui recule par endroits. Les pertes ukrainiennes ces derniers mois ont alimenté une colère sourde dans la population, épuisée par plus de trois ans de guerre totale. Zelensky, pragmatique, a finalement tranché.
Syrsky, 58 ans, avait pris la tête des forces armées en février 2024, remplaçant Valery Zaloujny. Son passage à la tête de l’armée aura donc duré un peu plus d’un an. Pas suffisant pour imposer sa vision. Pas suffisant non plus pour convaincre ses propres troupes, dont certains commandants n’ont jamais caché leur méfiance envers cet officier formé à l’école soviétique.
Qui est Mykhaïlo Drapaty ?
Le nom de Mykhaïlo Drapaty circule depuis quelques semaines dans les couloirs du ministère de la Défense. Général discret, il s’est distingué dans la gestion de secteurs du front à l’est du pays, notamment autour de Kramatorsk. Mais c’est surtout son image de proximité avec les soldats qui aurait pesé dans la balance. Et dans une armée à bout de souffle, ça compte.
Un haut responsable ukrainien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confié : « Drapaty connaît le terrain, il connaît les hommes. C’est exactement ce dont nous avons besoin maintenant. »
Un remaniement risqué en plein conflit
Changer de commandant en chef en pleine guerre, c’est un pari. L’histoire militaire est pleine d’exemples où de tels changements ont déstabilisé des armées entières pendant de précieuses semaines. Zelensky le sait. Pourtant, il a choisi d’agir maintenant, probablement convaincu que le statu quo était encore plus dangereux.
Le front est tendu sur près de 1 200 kilomètres. Les Russes maintiennent une pression constante dans la région de Donetsk, et les livraisons d’armements occidentaux restent irrégulières.
Quelles conséquences pour la suite ?
La nomination de Drapaty sera scrutée de très près par les alliés occidentaux, à commencer par Washington et Bruxelles, qui conditionnent en partie leur soutien à la cohérence du commandement ukrainien. Still, le signal envoyé par Zelensky est clair : il n’hésite pas à bousculer l’appareil militaire pour relancer la dynamique. Reste à savoir si Drapaty saura transformer l’essai. La guerre, elle, n’attend pas.
