El Mahdi Lyoubi, rappeur marocain condamné pour ses textes
El Mahdi Lyoubi, rappeur marocain de 28 ans connu sous le pseudonyme « Gnawi », a été condamné à un an de prison ferme par un tribunal de Casablanca pour des chansons jugées offensantes envers la monarchie et les forces de l’ordre. Une peine qui soulève une vague d’indignation bien au-delà des frontières du royaume.
Des textes qui dérangent
Ses morceaux circulent depuis plusieurs années sur YouTube et les réseaux sociaux, cumulant des millions de vues. Dans ses chansons, Lyoubi dénonce la corruption, la brutalité policière et ce qu’il appelle l’hypocrisie du pouvoir. C’est précisément ce discours frontal qui lui a valu d’être arrêté en janvier dernier à son domicile de Casablanca, lors d’une opération menée par plusieurs agents en civil. Il était détenu depuis lors dans l’attente de son procès.
Le verdict est tombé le 14 mars. Un an ferme. Ses avocats ont immédiatement annoncé faire appel.
Une procédure contestée
Ses défenseurs dénoncent un procès expéditif, sans véritable examen des preuves. « Mon client n’a fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression artistique. Ces textes sont de la poésie, pas des appels à la violence », a déclaré l’un de ses avocats à la sortie de l’audience. And yet, le parquet a maintenu que les paroles constituaient une atteinte directe aux institutions de l’État, invoquant l’article 267 du Code pénal marocain, qui punit les offenses envers le roi d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Lyoubi n’est pas un cas isolé. Depuis 2019, au moins une douzaine d’artistes, blogueurs et journalistes marocains ont été poursuivis sous des dispositions similaires. But ce dossier attire une attention particulière en raison de la notoriété de l’artiste et du nombre impressionnant de ses abonnés — plus de 400 000 sur sa chaîne YouTube.
Réactions internationales
Amnesty International a qualifié le rappeur de « prisonnier d’opinion » dès le lendemain du verdict, appelant à sa libération immédiate. L’organisation Reporters sans frontières a également réagi, rappelant que le Maroc occupe le 136e rang sur 180 dans son classement mondial de la liberté de la presse pour 2023. Still, Rabat rejette toute critique extérieure, invoquant sa souveraineté judiciaire.
Sur les réseaux sociaux marocains, le hashtag #LiberezGnawi a été partagé plus de 80 000 fois en 48 heures.
Et maintenant ?
L’appel devrait être examiné dans les prochaines semaines. So tous les regards se tournent vers la cour d’appel de Casablanca, dans l’espoir — ou la crainte — d’un nouveau signal envoyé aux voix dissidentes du pays. Que le jugement soit confirmé ou infirmé, l’affaire El Mahdi Lyoubi a déjà marqué un tournant dans le débat sur les libertés fondamentales au Maroc.
