Flottille pour Gaza : le PNAT ouvre une enquête pour tortures

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une nouvelle enquête préliminaire pour actes de torture et traitements inhumains, visant des soldats israéliens accusés d’avoir maltraité des militants pro-palestiniens à bord de la flottille pour Gaza interceptée en mai 2025. Une décision judiciaire qui marque une escalade significative dans ce dossier déjà hautement explosif.

Ce que reprochent les plaignants

Plusieurs ressortissants français figuraient parmi les quelque 30 militants à bord du navire Conscience, arraisonné par des forces spéciales israéliennes dans les eaux internationales au large de la côte méditerranéenne. Selon les témoignages recueillis par les avocats des victimes, des passagers auraient été frappés, ligotés les yeux bandés pendant plusieurs heures, et privés d’eau. Au moins 4 citoyens français auraient déposé plainte en France dès leur retour sur le territoire, début juin.

« Nos clients ont subi des traitements qui caractérisent clairement des actes de torture au sens du droit international », a déclaré un avocat représentant plusieurs des plaignants, sans préciser davantage les noms de ses mandants pour des raisons de sécurité.

Pourquoi le PNAT est compétent

Le choix du Parquet national antiterroriste peut surprendre à première lecture. Mais c’est précisément cette juridiction qui dispose, en France, de la compétence pour instruire des crimes commis à l’étranger impliquant des victimes françaises, notamment lorsqu’il s’agit d’actes de torture commis dans un contexte de conflit armé ou d’opération militaire. Et c’est loin d’être la première fois que le PNAT se saisit d’affaires de ce type aux contours géopolitiques délicats.

L’enquête préliminaire ouverte ne signifie pas encore qu’une mise en examen est imminente. Still, elle permet aux enquêteurs de diligenter des auditions, de réclamer des documents et de solliciter des commissions rogatoires internationales.

Israël rejette toute accusation

Du côté israélien, l’armée a rapidement démenti ces allégations. Dans un communiqué publié lundi, les forces de défense israéliennes ont affirmé que « l’opération d’interception s’est déroulée dans le strict respect du droit international maritime » et que les passagers avaient été « traités avec respect et dignité ».

Mais les images tournées clandestinement par plusieurs militants et diffusées sur les réseaux sociaux racontent une autre histoire. On y voit des personnes à genoux, les mains dans le dos, sous la surveillance de soldats armés.

La suite de la procédure

Le PNAT dispose désormais de plusieurs mois pour décider si les éléments réunis justifient l’ouverture d’une information judiciaire confiée à un juge d’instruction. Une telle décision constituerait un précédent juridique considérable dans les relations franco-israéliennes, déjà mises à rude épreuve depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Près de 12 autres pays européens examinent également des plaintes similaires déposées par leurs ressortissants.

Publications similaires