Xenia Fedorova échappe aux sanctions de l’Union européenne

Xenia Fedorova, visage emblématique de la propagande russe et directrice de la chaîne RT France, n’a pas été incluse dans le dernier paquet de sanctions européennes visant des personnalités proches du Kremlin. Une absence qui interpelle, alors que Bruxelles affirme durcir sa pression sur Moscou depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Une omission qui fait débat

Le 14e paquet de sanctions adopté par l’Union européenne cible pourtant des dizaines d’individus liés à la machine de guerre et de désinformation russe. Mais Fedorova, dont le nom circulait depuis plusieurs mois sur les listes préparatoires, en est absente. Les raisons précises de cette exclusion n’ont pas été officiellement communiquées par les institutions européennes.

Des sources proches du dossier évoquent des désaccords entre États membres sur les critères d’éligibilité. Certaines capitales auraient plaidé pour une définition plus stricte de ce qui constitue un « acteur de propagande » sanctionnable.

Qui est Xenia Fedorova ?

Fedorova dirige RT France depuis 2017 et supervise l’ensemble des opérations éditoriales du réseau en Europe occidentale. RT, anciennement Russia Today, a été banni des ondes européennes en mars 2022, quelques jours après le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine. La chaîne reste néanmoins accessible via des canaux numériques et des serveurs hébergés hors de l’Union.

Elle est également connue pour ses apparitions régulières sur les plateaux russes, où elle défend ouvertement la politique étrangère de Vladimir Poutine. Son rôle dépasse largement celui d’une simple dirigeante médiatique.

Des ONG vent debout contre cette décision

L’organisation Reporters sans frontières a réagi rapidement. « Épargner des figures aussi centrales dans l’appareil de désinformation russe envoie un signal très préoccupant », a déclaré un représentant de l’organisation, joint par téléphone.

C’est une critique qui résonne dans plusieurs capitales européennes, notamment à Varsovie et à Prague, où l’on milite depuis longtemps pour des sanctions plus ciblées contre les médias d’État russes et leurs responsables.

Trente-sept personnalités ont tout de même été ajoutées à la liste noire européenne lors de ce cycle.

Et maintenant ?

La Commission européenne prépare déjà un 15e paquet, dont la publication est attendue pour la fin de l’année 2024. Des diplomates européens assurent que la liste des personnalités médiatiques sera revue à la hausse, sous pression croissante du Parlement européen qui a adopté en septembre une résolution demandant un élargissement significatif des sanctions liées à la désinformation.

Still, tant que Fedorova ne figure pas sur ces listes, elle conserve la liberté de circuler dans certains pays tiers et de gérer des actifs qui n’ont pas été gelés. Une situation que ses détracteurs jugent intenable, au vu de son influence réelle sur les narratifs pro-Kremlin diffusés en langue française.

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