Karim Khan démis de la CPI au milieu d’un scandale de harcèlement

Karim Khan n’est plus procureur général de la Cour pénale internationale. La décision est tombée vendredi, abrupte et lourde de conséquences pour une institution déjà sous pression internationale. Des allégations de harcèlement sexuel formulées par une collaboratrice de son propre bureau ont eu raison de son mandat, après des semaines de turbulences en coulisses.

Une éviction qui secoue la CPI

La Cour pénale internationale a confirmé la suspension puis la destitution formelle de son procureur en chef, sans donner davantage de détails publics sur la procédure interne. Karim Khan, avocat britannique né en 1966, occupait ce poste depuis décembre 2021. Il avait été élu avec un large soutien des États membres, et s’était distingué notamment par ses initiatives contre des dirigeants russes et israéliens. Mais cette semaine, c’est son propre bureau qui s’est retourné contre lui.

Selon des sources proches du dossier, la plaignante — une employée de la CPI dont l’identité n’a pas été rendue publique — aurait rapporté des comportements inappropriés répétés. Une enquête indépendante aurait été diligentée dans les semaines précédant la décision.

Khan rejette tout en bloc et promet de se battre

L’intéressé, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Par le biais d’un communiqué diffusé vendredi soir, son équipe a indiqué qu’il « conteste fermement » sa destitution et qu’il « n’a jamais commis les actes qui lui sont reprochés ». Ce n’est pas la première fois que Khan se retrouve dans la tourmente — des allégations similaires avaient déjà circulé l’an dernier, sans aboutir à des sanctions officielles à l’époque.

Il compte désormais saisir les mécanismes juridiques à sa disposition pour faire invalider la décision.

Une institution déjà fragilisée

Le timing est particulièrement délicat. La CPI traverse une période de forte exposition médiatique et politique, notamment depuis l’émission de mandats d’arrêt controversés visant des personnalités de premier plan. Un porte-parole de la Cour a sobrement déclaré que « l’intégrité de l’institution prime sur toute considération individuelle », sans commenter davantage le fond de l’affaire.

And c’est précisément cette image d’intégrité que l’affaire Khan risque d’écorner durablement.

La suite : un intérim délicat à gérer

Un procureur par intérim doit être désigné dans les prochains jours pour assurer la continuité des opérations. La CPI gère actuellement plus d’une vingtaine d’enquêtes actives à travers le monde. Still, la priorité immédiate sera de stabiliser le bureau du procureur, dont le fonctionnement quotidien a été perturbé par la crise. Les États membres seront probablement convoqués pour décider de la marche à suivre sur le long terme. La réputation de la Cour, elle, mettra sans doute bien plus de temps à se reconstruire.

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