Détroit d’Ormuz : Oman propose un mécanisme régional à l’Iran
C’est une initiative diplomatique qui pourrait changer la donne dans le Golfe. Oman a soumis à l’Iran une proposition concrète visant à établir un mécanisme régional conjoint pour la gestion du détroit d’Ormuz, ce passage maritime par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. L’information a été confirmée mardi par une source du Golfe à l’agence Reuters.
Une proposition financée par des redevances volontaires
Le modèle envisagé par Mascate repose sur un système de redevances volontaires, payées par les navires commerciaux ou les États utilisateurs de ce corridor maritime. L’idée, encore au stade préliminaire, est de créer une structure de gouvernance partagée qui permettrait à l’Iran d’avoir un rôle formel dans la surveillance du détroit, sans pour autant lui octroyer un contrôle unilatéral. C’est une nuance politique considérable.
Le détroit d’Ormuz, large d’à peine 33 kilomètres à son point le plus étroit, est emprunté quotidiennement par quelque 17 à 18 millions de barils de pétrole. Toute perturbation dans ce couloir représente une menace directe pour les marchés énergétiques mondiaux.
Oman, médiateur naturel entre Téhéran et l’Occident
Ce n’est pas la première fois qu’Oman joue ce rôle de go-between. Le sultanat entretient depuis des décennies des relations cordiales avec l’Iran, tout en restant membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Il avait déjà servi de canal de communication discret lors des négociations sur le programme nucléaire iranien au début des années 2010.
« Oman a toujours privilégié le dialogue là où d’autres ont choisi la pression », a déclaré un diplomate régional sous couvert d’anonymat.
Still, la proposition arrive dans un contexte particulièrement tendu. Les États-Unis ont renforcé leurs sanctions contre Téhéran, et les attaques contre des navires commerciaux dans la région ont ravivé les inquiétudes sur la sécurité du transit maritime.
Une réponse iranienne encore attendue
Téhéran n’a pas encore officiellement répondu à l’initiative omanaise. But les signaux envoyés par les autorités iraniennes ces dernières semaines laissent penser qu’un dialogue est possible. L’Iran souffre d’un isolement économique croissant et pourrait voir dans ce mécanisme un moyen de légitimer sa présence dans les instances de gouvernance régionale.
La balle est désormais dans le camp iranien.
Quelles perspectives pour la région ?
Si l’Iran accepte d’entrer dans les négociations, cela ouvrirait une fenêtre diplomatique inédite. And pour les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, la question sera de savoir s’ils sont prêts à s’asseoir autour de la même table que Téhéran dans un cadre institutionnel formalisé. Ce n’est pas gagné.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Oman, fort de sa crédibilité des deux côtés, espère transformer cette proposition en véritable processus multilatéral avant la fin de l’année.
