Andras Baka, le juge anti-Orban choisi pour présider la Hongrie

Andras Baka, ancien président de la Cour suprême hongroise dont la carrière a été brisée par Viktor Orban, est devenu le candidat officiel du mouvement Tisza de Péter Magyar à la présidence de la République. Une nomination symbolique, lourde de sens, dans un pays où l’indépendance judiciaire est devenue un champ de bataille politique depuis plus d’une décennie.

Un magistrat devenu symbole de résistance

Baka n’est pas un inconnu. Nommé à la tête de la Cour suprême en 2009, il avait été évincé dès 2012, après que le gouvernement Orban eut tout simplement supprimé son poste par une réforme constitutionnelle taillée sur mesure. L’affaire avait remonté jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme, qui avait condamné la Hongrie en 2014 pour violation du droit à un procès équitable. Baka avait gagné devant Strasbourg. Mais il avait perdu son poste.

C’est cette trajectoire qui lui vaut aujourd’hui le surnom de « juge qui a dit non » à Orban. Et c’est précisément pour cette raison que le camp de Magyar l’a sélectionné.

Magyar joue la carte de la crédibilité institutionnelle

Péter Magyar, qui a créé le parti Tisza en 2024 et obtenu environ 30 % des voix aux élections européennes de juin dernier, cherche à incarner une alternative sérieuse au Fidesz. Choisir un juriste respecté, âgé de 68 ans, au profil technocratique plutôt que partisan, c’est un pari calculé. L’objectif est clair : montrer que l’opposition hongroise peut proposer des personnalités capables de restaurer l’État de droit.

« Andras Baka représente ce que la Hongrie a perdu : des institutions indépendantes et des juges qui ne rendent pas de comptes aux partis politiques », a déclaré un responsable du mouvement Tisza à Budapest cette semaine.

Un scrutin aux enjeux constitutionnels majeurs

La présidence hongroise est élue par le Parlement, et non au suffrage universel. Avec une majorité des deux tiers détenue par le Fidesz, les chances de Baka d’accéder au palais de Sándor sont quasi nulles dans l’immédiat. But that’s not entirely the point. La candidature est avant tout un acte politique, destiné à marquer les esprits avant les législatives de 2026.

En Hongrie, la présidence est un poste en grande partie cérémoniel. Yet son importance symbolique reste considérable, comme l’a montré la démission forcée de Katalin Novák début 2024, après un scandale de grâce présidentielle accordée à un complice de pédophilie.

2026, l’horizon de tous les calculs

Still, Magyar et son entourage savent que le vrai test approche. Les élections législatives de 2026 constitueront l’unique véritable opportunité de faire basculer le rapport de force au Parlement. La désignation de Baka s’inscrit dans cette stratégie de long terme : construire une image de sérieux, de respect des institutions et de rupture avec les méthodes d’Orban. Reste à savoir si les Hongrois seront convaincus.

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