MuCEM : harcèlement sexuel et favoritisme pointés par l’inspection culturelle

Le MuCEM est dans la tourmente. Le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, fleuron culturel installé à Marseille depuis son ouverture en 2013, est visé par un rapport de l’inspection générale des affaires culturelles (IGAC) qui dénonce des pratiques de harcèlement sexuel et de favoritisme ayant cours au sein de l’établissement. Le document, dont Le Monde a pris connaissance, dresse un tableau sévère de la gouvernance interne.

Un rapport qui ne laisse aucune place au doute

Les inspecteurs ont recueilli les témoignages de plusieurs agents sur une période couvrant plusieurs années. Les conclusions sont sans ambiguïté : des comportements à caractère sexuel inappropriés auraient été exercés par des responsables de l’institution à l’encontre d’employés, dans un contexte où la parole était difficile à libérer. And le favoritisme, lui, aurait influencé des décisions de recrutement et d’évolution de carrière, créant un sentiment d’injustice profond parmi le personnel.

Selon des sources proches du dossier, au moins une dizaine d’agents auraient été entendus par les inspecteurs. Certains ont décrit une ambiance de travail dégradée depuis plusieurs années, avec des signalements internes restés sans suite suffisante.

Une direction sous pression

L’établissement public, placé sous la tutelle du ministère de la Culture, emploie environ 200 personnes. Sa directrice actuelle se retrouve en première ligne, même si le rapport s’attache à documenter des faits qui s’étendraient sur plusieurs mandats de direction. Le ministère n’a pas encore pris officiellement position sur les suites à donner, mais une source interne au cabinet a indiqué que « les conclusions du rapport sont prises très au sérieux et des mesures seront annoncées dans les prochaines semaines ».

C’est précisément ce silence institutionnel qui exaspère une partie du personnel.

Un modèle culturel écorné

Le MuCEM, c’est 1,2 million de visiteurs par an en période normale, un budget de fonctionnement d’environ 20 millions d’euros, et une réputation internationale soigneusement construite depuis son inauguration en grande pompe lors de l’année Marseille-Provence Capitale européenne de la culture. But derrière la façade de béton dentelle signée Rudy Ricciotti, ce rapport révèle des fissures humaines que l’architecture ne pouvait pas masquer.

Plusieurs organisations syndicales représentées au sein du musée ont demandé l’ouverture d’une enquête complémentaire et la mise en place d’une cellule d’écoute indépendante pour les agents. Elles réclament aussi que les responsables identifiés dans le rapport soient écartés de leurs fonctions sans délai.

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp du ministère de la Culture. Des décisions structurelles — comme la nomination d’un médiateur ou la révision des procédures internes de signalement — semblent inévitables. Still, la question de savoir si des poursuites disciplinaires ou judiciaires suivront reste entière. Le MuCEM devra, tôt ou tard, répondre publiquement. Et ses agents attendent.

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