Les Houthis menacent à nouveau Ryad après la frappe meurtrière sur l’aéroport

Une attaque sans précédent depuis dix ans

L’Arabie saoudite est sur le qui-vive après la frappe meurtrière qui a touché samedi l’aéroport international King Khalid de Ryad, faisant 12 morts et 309 blessés selon l’autorité de l’aviation civile. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière dans le royaume depuis août 2015, lorsqu’un attentat suicide du groupe État islamique avait tué 15 personnes dans une mosquée à Abha. Le bilan pourrait encore s’alourdir, selon un diplomate occidental basé à Ryad cité par l’AFP.

Parmi les victimes figurent quatre Saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais. Un passager présent sur place a décrit la scène : « J’ai vu des blessés. Tout le monde courait. » La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a imputé l’attaque aux Houthis, dénonçant « un crime de guerre », et a promis de répondre « avec fermeté ».

Les Houthis renouvellent leurs menaces

Dimanche, les rebelles houthis pro-iraniens du Yémen ont réitéré leur menace de frapper les aéroports et l’espace aérien saoudiens, à l’exception de ceux des villes saintes de La Mecque et Médine. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a prévenu sur X que ces installations « sont exposés aux frappes et constituent un théâtre d’opérations de la part de nos forces ». Les Houthis n’ont toutefois pas revendiqué l’attaque de samedi, mais ils avaient déjà frappé l’aéroport de Ryad mercredi et jeudi, causant six morts au total.

Cette escalade survient alors que le royaume doit accueillir ce mois-ci une série de grandes conférences, dont l’annuelle sur l’investissement. L’aéroport de la capitale restera fermé dimanche, les opérations étant « suspendues jusqu’à nouvel ordre » selon une source du secteur aérien. Des systèmes comme le radar et les équipements de communication ont été endommagés, et l’état des pistes doit être évalué.

Réactions internationales et mesures d’urgence

Les condamnations internationales ont afflué. Donald Trump a déclaré samedi soir que « ce qui s’est passé en Arabie saoudite n’est pas acceptable », et il a évoqué un possible examen de la participation américaine aux opérations militaires contre les Houthis. Il doit s’entretenir avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. L’ONU, Londres, Berlin, Bagdad et Islamabad ont également condamné l’attaque, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a parlé d’une « escalade dangereuse ».

En Arabie saoudite, le ministère de l’Éducation a ordonné aux écoles de Ryad de passer en enseignement à distance pour une semaine. Plusieurs ambassades étrangères recommandent à leurs employés d’éviter l’aéroport pendant une semaine, et l’ambassade américaine exige désormais une autorisation pour accéder aux aéroports alternatifs de Dammam et Jeddah. Samedi soir, la coalition a signalé la chute d’un projectile près de l’aéroport de Dammam, dans l’est du royaume.

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