Angoisse des parents de lycéens face aux blocages

Des parents de lycéens mobilisés expriment des sentiments contradictoires, entre fierté de l’engagement de leurs enfants et angoisse face aux interventions policières. C’est le cas de Bertille, mère de Max, lycéen à Levallois-Perret, et de Marie, mère de Tristan, en terminale à Nantes. Toutes deux soutiennent les revendications de leurs fils, mais redoutent les violences.

Des revendications partagées par les parents

Bertille comprend la colère de son fils, qui a passé le bac de français sans professeur pendant quatre à cinq mois l’année précédente. Elle évoque aussi des températures extrêmes dans l’établissement et l’absence de connexion Internet. Marie, elle, dénonce des classes surchargées et qualifie Parcoursup d’« œuvre de maltraitance à grande échelle ». Elle se dit « totalement » solidaire des revendications lycéennes. « En tant que parent d’élève, je mesure la dégringolade des ambitions pour l’éducation nationale, et l’impact concret de ce sous-investissement », confie-t-elle.

La peur des interventions policières

Ni Bertille ni Marie ne font partie des parents venus chercher leurs enfants manu militari. Mais Bertille a peur que son fils « se fasse pourrir par les flics ». Elle cite des tirs de LBD, des élèves gazés, des jeunes plaqués au sol. L’établissement de Tristan s’est mobilisé après qu’un lycéen a été blessé par un tir de LBD. « Cette matinée-là a été angoissante en tant que parent », raconte Marie, qui craint « un usage excessif de la force ».

Un accompagnement prudent

Les deux mères ont équipé leurs fils de sérum physiologique et de masques FFP2, et leur ont donné des consignes de prudence. Bertille conseille d’éviter les insultes et les dégradations. Marie demande à Tristan de s’éloigner en cas d’intervention policière. Malgré tout, elle affirme : « Je suis fière de son engagement. »

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