Attentat de Nice du 14 juillet 2016 : retour sur une nuit de terreur
Il est 22h34 ce soir-là quand tout bascule sur la Promenade des Anglais. Le 14 juillet 2016, alors que des milliers de familles regardent encore le feu d’artifice, un camion blanc de 19 tonnes fonce délibérément dans la foule sur près de 2 kilomètres. En 86 secondes d’horreur, 86 personnes perdent la vie. Le chiffre est glaçant, presque cruel dans sa symétrie.
Les premières secondes : l’incompréhension totale
À 22h34 précises, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel engage son poids lourd depuis la rue Marinoni et s’engage sur la voie piétonne. Les premiers témoins pensent à un accident. Un conducteur qui a perdu le contrôle, peut-être. But les coups de klaxon ne s’arrêtent pas, et le véhicule accélère. Des corps volent. Des enfants. Des parents. Des touristes venus de toute l’Europe pour fêter le 14 juillet à Nice.
En quelques secondes, la panique remplace la fête. Les gens fuient dans tous les sens, piétinent, tombent. Certains plongent dans la mer. D’autres se cachent sous des chaises de restaurant, les mains sur la tête, sans comprendre ce qui se passe vraiment.
L’intervention des forces de l’ordre : une course contre la montre
Les premiers policiers municipaux ouvrent le feu sur le camion dès les premières secondes. Yet le véhicule continue sa course meurtrière. Il faudra attendre 22h35, soit à peine une minute après le début de l’attaque, pour que des agents de la BAC rejoignent l’intervention. Le chauffeur tire depuis sa cabine avec une arme de poing. La scène ressemble à un film. C’est pourtant la réalité de la Côte d’Azur en ce soir de fête nationale.
À 22h36, Lahouaiej-Bouhlel est abattu par les forces de l’ordre à hauteur du 152 de la Promenade des Anglais. Le camion s’immobilise enfin. Mais le bilan est déjà catastrophique.
Un bilan humain dévastateur
86 morts. 458 blessés, dont une centaine dans un état critique dans les jours qui suivent. Parmi les victimes, on compte des ressortissants d’une trentaine de nationalités différentes et au moins dix enfants. C’est l’attentat le plus meurtrier jamais commis sur le sol français depuis les attaques du 13 novembre 2015 à Paris.
« Cette nuit-là, Nice a perdu une part de son âme », déclarera plus tard un responsable municipal de la ville.
So des questions émergent rapidement : comment un camion de location a-t-il pu accéder à une zone normalement sécurisée ? Les défaillances dans le dispositif de sécurité feront l’objet d’une longue enquête parlementaire.
Et après : procès et mémoire
Le procès des complices présumés de Lahouaiej-Bouhlel s’est tenu à Paris en 2022, six ans après les faits. Still aujourd’hui, des associations de victimes continuent de se battre pour que la vérité soit entièrement établie sur les conditions dans lesquelles cet attentat a pu avoir lieu. Chaque 14 juillet, Nice se souvient. La Promenade des Anglais porte désormais ce poids invisible, entre la lumière de la Méditerranée et la mémoire des 86.
