Avion de combat franco-allemand: le projet enterré
C’est l’échec d’une ambition européenne majeure. Le projet d’avion de combat commun entre la France et l’Allemagne, lancé en grande pompe en 2017, vient d’être officiellement abandonné. Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont annoncé ce mercredi la fin de cette coopération, regrettant „l’impossibilité pour les industriels de s’entendre sur la continuation de ce projet”.
Une bataille d’égo fatale au projet
Les tensions entre Dassault Aviation et Airbus n’ont cessé de s’intensifier ces dernières années. Le constructeur français, qui revendiquait la position de maître d’œuvre avec 65% du projet, s’est heurté aux exigences d’Airbus Defence and Space, filiale du géant européen basé à Toulouse. Les deux groupes ne sont jamais parvenus à s’accorder sur le partage des responsabilités industrielles et technologiques. Yet ces querelles ont fini par épuiser la patience des gouvernements.
Le programme devait permettre à l’Europe de disposer d’avions de sixième génération d’ici 2040, pour remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands. Son coût était estimé à plus de 100 milliards d’euros sur l’ensemble du cycle de vie.
Des enjeux stratégiques considérables
L’abandon de ce projet représente bien plus qu’un simple échec industriel. C’est toute l’autonomie stratégique européenne qui vacille. „Nous ne pouvons que regretter cette issue, alors que les menaces qui pèsent sur l’Europe n’ont jamais été aussi pressantes”, a déclaré un haut responsable du ministère des Armées.
L’Espagne, qui avait rejoint le programme en 2019, se retrouve également dans l’impasse.
Chacun reprend sa liberté
Paris et Berlin vont désormais explorer d’autres options. La France pourrait accélérer le développement d’une version modernisée du Rafale, tandis que l’Allemagne envisagerait de se rapprocher du programme concurrent Tempest, mené par le Royaume-Uni, l’Italie et la Suède. But cette dispersion des efforts affaiblit considérablement la position de l’Europe face aux géants américain et chinois.
Les 4 milliards d’euros déjà investis dans les études préliminaires ne seront pas totalement perdus. Les deux pays conserveront les données technologiques développées depuis 2017. So chacun repartira avec son bout de recherche, symbole d’un échec qui dépasse les simples considérations techniques pour révéler les limites de la construction européenne en matière de défense.
