Mélenchon appelle à une « nouvelle République » française
Jean-Luc Mélenchon a lancé mercredi un appel solennel à refonder les institutions françaises, affirmant que « la Nouvelle France appelle sa nouvelle République ». Le tribun de La France insoumise n’y va pas par quatre chemins : la Ve République a fait son temps.
Un diagnostic sans appel sur les institutions
Devant plusieurs centaines de militants réunis à Paris, le député des Bouches-du-Rhône a dressé un portrait sévère du système politique actuel. « Nous vivons sous un régime monarchique présidentiel qui concentre tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme », a-t-il martelé. Et d’ajouter que cette concentration du pouvoir engendre « l’impuissance démocratique » et « la défiance généralisée » envers les élites.
Les chiffres d’abstention records lors des dernières élections – dépassant 50% pour certains scrutins – illustrent selon lui cette rupture entre le peuple et ses dirigeants.
Le projet d’une VIe République
Mélenchon n’est pas nouveau sur ce terrain. Depuis 2006, il milite pour l’instauration d’une VIe République parlementaire. Mais son discours prend aujourd’hui une tonalité plus urgente, plus radicale aussi. Il propose une Assemblée nationale vraiment souveraine, l’élection d’une Constituante par tirage au sort de citoyens, et la révocation possible des élus par référendum d’initiative populaire.
« Ce n’est pas une réformette que nous proposons, c’est une révolution citoyenne », a déclaré un proche du leader insoumis.
Une stratégie électorale en filigrane
Cette offensive institutionnelle n’est pas innocente. À moins de deux ans de la prochaine présidentielle, Mélenchon tente de réoccuper le terrain de la rupture démocratique. Un positionnement qui lui avait réussi en 2017 et 2022, où il avait frôlé le second tour avec respectivement 19,6% et 22% des suffrages.
Mais le paysage politique a changé. La gauche reste fragmentée, malgré les tentatives d’union lors des législatives de 2022. Et le Rassemblement national de Marine Le Pen surfe également sur la critique des institutions, avec un discours plus consensuel.
Un pari risqué
Le pari de Mélenchon reste audacieux. Convaincre les Français qu’une refonte totale des institutions est prioritaire alors que le pouvoir d’achat et la sécurité dominent les préoccupations quotidiennes n’est pas gagné d’avance. Yet, le député mise sur l’épuisement du système actuel pour faire passer son message.
Dans les prochains mois, il compte multiplier les interventions publiques pour populariser ce projet constitutionnel. L’objectif : imposer la question institutionnelle au cœur du débat présidentiel de 2027.
