Banque de France durable : politique monétaire verte en action
La Banque de France a publié le deuxième volet de sa série Ensemble, Agissons, entièrement consacré à l’intégration du développement durable au cœur même de la politique monétaire et des activités de recherche. Un signal fort, alors que les banques centrales sont de plus en plus scrutées pour leur rôle dans la lutte contre le changement climatique.
La recherche climatique, pilier de la stratégie
Depuis plusieurs années, la Banque de France investit massivement dans la recherche sur les risques climatiques. Ses économistes travaillent sur des modèles capables de mesurer l’exposition des portefeuilles financiers aux aléas environnementaux. En 2023, l’institution a publié plus d’une dizaine d’études portant spécifiquement sur le lien entre finance et climat. Ce n’est pas anodin. Ces travaux alimentent directement les décisions de politique monétaire prises à Francfort, au sein de la Banque centrale européenne.
„Notre rôle n’est pas de substituer à la politique climatique des États, mais de s’assurer que nos outils ne contribuent pas à aggraver les risques systémiques liés au dérèglement climatique”, a déclaré un responsable de l’institution.
Des portefeuilles alignés sur l’Accord de Paris
Concrètement, la Banque de France a décidé de verdir ses propres portefeuilles d’investissement. Ses réserves en devises et ses fonds propres sont désormais gérés selon des critères stricts d’exclusion des énergies fossiles. L’institution vise une réduction de 50 % de l’empreinte carbone de ses actifs financiers d’ici 2030 — par rapport aux niveaux de 2019.
But au-delà des chiffres, c’est toute une philosophie qui change. Les équipes de gestion actif-passif intègrent dorénavant des scénarios de transition énergétique dans leurs analyses de risque. Quelque chose qu’on n’aurait pas imaginé dans les salles de marché d’une banque centrale il y a encore dix ans.
La politique monétaire peut-elle vraiment être verte ?
C’est la question qui agite les économistes depuis que la BCE a annoncé sa stratégie climatique révisée en 2021. And la Banque de France est clairement positionnée dans le camp des partisans d’une action volontariste. Elle défend l’idée que les achats d’actifs des banques centrales doivent favoriser les émetteurs les moins carbonés. Yet des voix critiques s’élèvent, estimant que ce mandat dépasse les missions traditionnelles d’une banque centrale.
La série Ensemble, Agissons semble précisément vouloir répondre à ces doutes, en pédagogisant auprès du grand public des mécanismes souvent jugés obscurs.
Ce qui vient ensuite
D’autres épisodes sont attendus dans les prochains mois, couvrant notamment la supervision bancaire et la politique de ressources humaines de l’institution. So la Banque de France construit, pas à pas, un récit cohérent autour de sa transformation durable. Still beaucoup reste à faire pour que ces engagements se traduisent en impacts mesurables sur l’économie réelle. Le chemin est tracé. La destination, elle, dépendra aussi des choix politiques qui s’annoncent à l’échelle européenne.
