Banque de France revoit sa croissance à la baisse pour 2026
La Banque de France a officiellement revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026, la ramenant à 0,5 %, contre une estimation précédente plus optimiste. Une révision qui intervient dans un contexte de tensions commerciales mondiales et d’incertitudes budgétaires persistantes en France.
Un chiffre qui tranche avec les espoirs du gouvernement
Le gouvernement misait encore récemment sur une reprise plus franche de l’activité économique l’an prochain. But la banque centrale française ne partage visiblement pas cet optimisme. Avec 0,5 % de croissance anticipée, la France se retrouverait parmi les économies de la zone euro les moins dynamiques en 2026, loin derrière certains de ses voisins d’Europe du Sud.
Et ce n’est pas tout. La Banque de France a également revu ses projections pour 2025, à la baisse elle aussi, évoquant un environnement international « particulièrement dégradé » depuis le début de l’année.
Les droits de douane américains dans le viseur
La politique commerciale américaine joue un rôle central dans cette dégradation des perspectives. Les droits de douane imposés par Washington sous l’administration Trump ont mis sous pression les exportateurs européens, et la France n’y échappe pas. L’industrie, déjà fragilisée, subit de plein fouet le ralentissement de la demande mondiale.
« Les incertitudes liées aux politiques commerciales mondiales pèsent significativement sur nos projections », a indiqué un responsable de l’institution monétaire. Still, la Banque de France exclut pour l’heure tout scénario de récession franche, préférant parler d’une « croissance molle ».
Une inflation qui résiste, une consommation qui hésite
Sur le front des prix, la situation reste compliquée. L’inflation devrait refluer progressivement pour atteindre environ 1,4 % fin 2025, selon les projections de la banque centrale. C’est une bonne nouvelle en théorie. But les ménages français, échaudés par trois ans de hausse des prix, n’ont pas encore retrouvé leur confiance.
La consommation des ménages — moteur traditionnel de la croissance française — reste atone. Le taux d’épargne demeure élevé, autour de 18 % du revenu disponible brut, ce qui traduit une prudence persistante face à l’avenir.
Que peut-on attendre pour la suite ?
La trajectoire dépendra en grande partie de deux facteurs : l’évolution des négociations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis, et la capacité du gouvernement français à stabiliser ses finances publiques après un déficit qui a dépassé 6 % du PIB en 2024.
So l’équation reste serrée. Une embellie sur le front commercial pourrait redonner un peu d’air à l’économie. À l’inverse, une escalade des tensions ou un nouveau choc énergétique risquerait de faire tomber ce 0,5 % encore plus bas. La Banque de France prévoit de remettre à jour ses projections à l’automne, avec des données qui devraient être, d’ici là, plus lisibles.
