Classement Pisa : Blanquer appelle à ne pas céder au fatalisme
Les chiffres font mal. La dernière enquête Pisa, menée auprès d’élèves de 15 ans dans 91 pays dont 38 membres de l’OCDE, confirme ce que beaucoup redoutaient : le niveau scolaire recule, et la France ne fait pas exception. Mais pour Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale et président du Laboratoire de la République, la résignation serait la pire des réponses.
Un classement qui inquiète, mais ne surprend pas
L’enquête Pisa, publiée tous les trois ans, évalue les compétences des jeunes en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. Cette édition montre une dégradation sans précédent, notamment depuis la période pandémique. La France, déjà mal positionnée lors des éditions précédentes, voit ses scores stagner voire reculer sur plusieurs indicateurs clés. Les élèves français peinent particulièrement en compréhension de l’écrit, un signal que les spécialistes de l’éducation jugent alarmant.
Pourtant, Blanquer refuse le catastrophisme. « Tout en étant conscients du problème, il ne faut pas être fataliste », a-t-il déclaré, rappelant que d’autres pays ont réussi à redresser la barre après des résultats décevants.
Les écrans dans le viseur
L’ancien locataire de la rue de Grenelle pointe du doigt un coupable devenu familier : les écrans. Et les réseaux sociaux en particulier. Selon lui, leur omniprésence dans la vie des adolescents nuit directement à la concentration, à la lecture et, plus largement, aux apprentissages fondamentaux. C’est une conviction que partagent de nombreux chercheurs en sciences cognitives.
Les données Pisa alimentent ce débat. L’OCDE elle-même a noté une corrélation entre un usage intensif du numérique en classe et de moins bons résultats scolaires. Un constat qui relance la question de l’interdiction des téléphones portables à l’école, mesure que Blanquer avait portée lors de son passage au ministère en 2018.
Des pistes concrètes sur la table
Alors, que faire ? Pour Blanquer, la réponse passe par un retour aux fondamentaux : lecture, écriture, calcul. Il plaide pour un renforcement des apprentissages dès le primaire, convaincu que c’est là que tout se joue. « Un enfant qui ne sait pas lire correctement à 8 ans accumule un retard qu’il ne rattrapera souvent jamais », résume un inspecteur de l’Éducation nationale sous couvert d’anonymat.
La formation des enseignants est également dans le collimateur. Mieux équiper les professeurs face aux nouvelles réalités du numérique, c’est l’un des axes défendus par le Laboratoire de la République.
Un débat qui ne fait que commencer
La publication du classement Pisa relance inévitablement les débats sur l’école française, ses forces et ses failles. Et les prochaines semaines s’annoncent chargées au ministère de l’Éducation nationale, où l’on devra répondre à une question simple mais brûlante : comment inverser la tendance avant la prochaine enquête, prévue en 2027 ?
