David Lisnard brigue un nouveau mandat à la tête des Maires de France
David Lisnard joue sur deux tableaux à la fois. Le maire de Cannes, qui a officialisé ces dernières semaines sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, annonce qu’il brigue un nouveau mandat à la tête de l’Association des maires de France (AMF). Une double ambition assumée, qui ne manque pas de susciter des interrogations dans les couloirs du monde municipal.
Un pari politique risqué
Lisnard préside l’AMF depuis novembre 2021, date à laquelle il avait succédé à François Baroin. Depuis, il a transformé l’association en véritable tribune politique, multipliant les prises de position sur la fiscalité locale, les dotations de l’État ou encore la bureaucratie jugée étouffante pour les communes. Mais la question se pose désormais franchement : peut-on diriger une organisation censée représenter les 35 000 maires de France tout en menant une campagne présidentielle personnelle ?
Ses partisans estiment que les deux rôles se nourrissent mutuellement. Ses détracteurs, eux, y voient une confusion des genres difficilement tenable sur la durée.
L’AMF, un tremplin assumé
Ce n’est un secret pour personne. La présidence de l’AMF offre une visibilité nationale rare, un accès direct aux élus locaux de tous bords et une légitimité institutionnelle que peu de candidats peuvent revendiquer. Lisnard le sait, et il n’en fait pas mystère.
Lors de sa dernière prise de parole devant des élus locaux, il a martelé sa vision d’une France « gouvernée depuis les territoires, pas depuis les bureaux parisiens ». Un discours rodé, qui lui permet de toucher à la fois l’électorat conservateur et les maires ruraux frustrés par des années de centralisation.
« Les maires attendent des actes, pas des discours », a déclaré un élu local présent lors d’un récent congrès municipal, résumant l’état d’esprit ambiant.
Un agenda électoral chargé
L’élection au sein de l’AMF doit se tenir lors du prochain congrès des maires, prévu à Paris en novembre. Lisnard n’a pas encore de concurrent déclaré, mais plusieurs noms circulent dans les couloirs. L’enjeu dépasse largement la simple présidence d’une association : c’est une bataille de positionnement à droite de l’échiquier politique, dans un espace que LR peine à occuper seul.
And dans ce contexte, chaque prise de parole de Lisnard est scrutée. Chaque déplacement en région, chaque communiqué de l’AMF devient un acte politique à double lecture.
2027 en ligne de mire
Still, l’horizon reste lointain. Deux ans en politique, c’est une éternité. Lisnard devra convaincre bien au-delà du cercle des maires pour peser dans une élection présidentielle où les candidats se bousculent déjà à droite. Mais il dispose d’un atout rare : une implantation locale solide et une parole qui résonne auprès des élus de terrain.
La prochaine étape sera donc le congrès de novembre. Une victoire à l’AMF lui offrirait un socle précieux pour la suite. Un revers, en revanche, fragiliserait sérieusement son élan présidentiel avant même que la campagne n’ait vraiment commencé.
