Trump au G7 d’Évian : Iran, Ukraine et crises au menu du sommet
Le G7 s’ouvre ce lundi à Évian dans un contexte explosif. Donald Trump y retrouve ses homologues des grandes démocraties industrialisées pour un sommet que la présidence française annonce déjà comme historique — et potentiellement houleux.
L’accord américano-iranien au cœur des discussions
Emmanuel Macron a donné le ton dimanche soir depuis l’Élysée. Les sept dirigeants vont plancher sur les « conséquences » du récent accord conclu entre Washington et Téhéran, avec en ligne de mire un objectif précis : garantir « la réouverture dans la durée » du détroit d’Ormuz. Un point d’étranglement stratégique par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial. Pas rien.
L’entente américano-iranienne a surpris les chancelleries européennes, qui ont appris les contours de l’accord avec un temps de retard. So maintenant, c’est à Évian que se jouera le travail d’alignement entre alliés — ou du moins, la tentative.
L’Ukraine, l’autre dossier brûlant
La guerre en Ukraine sera l’autre grand chantier du sommet. Kyiv espère des engagements fermes sur les livraisons d’armements et un soutien financier renforcé pour 2025. But Trump, qui a multiplié les signaux contradictoires depuis son retour à la Maison-Blanche, arrive à Évian sans feuille de route claire sur le conflit. L’Europe, elle, a déboursé plus de 85 milliards d’euros en aide à l’Ukraine depuis février 2022 — et commence à vouloir que Washington assume sa part.
Un diplomate européen proche des négociations a confié : « On ne peut pas repartir d’Évian avec des déclarations vides. Il faut du concret, des chiffres, des calendriers. »
« Un sommet des crises » selon l’Élysée
La présidence française a choisi de ne pas minimiser les tensions. « Ce sera un sommet des crises et un sommet concret dans ses résultats », a-t-on promis du côté de Macron. Une formule qui ressemble autant à un programme qu’à un pari.
Évian, ville thermale paisible au bord du lac Léman, accueille pour la première fois depuis des décennies un G7 de cette envergure. Quelque 3 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour sécuriser les 3 jours de réunion.
Trump, facteur d’imprévisibilité
Le vrai joker du sommet, c’est Trump lui-même. Capable de dynamiter un communiqué final à la dernière minute — comme il l’avait fait au G7 de La Malbaie en 2018 — le président américain arrive avec son style habituel : imprévisible, transactionnel, et peu attaché au multilatéralisme pour le principe.
Yet ses interlocuteurs européens ont appris à composer avec lui. Et cette fois, ils ont des dossiers concrets à mettre sur la table : Iran, Ukraine, mais aussi tensions commerciales et intelligence artificielle.
Le sommet se termine mercredi. D’ici là, beaucoup peut arriver.
