CPI au Darfour : l’ONU soutient les enquêtes sur les crimes de guerre
L’ONU a apporté son soutien officiel aux enquêtes menées par la Cour pénale internationale sur les crimes de guerre commis au Darfour, une région du Soudan ravagée par un conflit qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et forcé plus de deux millions de personnes à fuir leurs foyers. Une démarche concrète, symbolisée par des visites de terrain qui n’ont rien d’anodin.
Des visites dans les camps de réfugiés à l’est du Tchad
L’envoyé spécial de l’ONU pour le Soudan s’est rendu ces derniers jours dans plusieurs camps de réfugiés installés à l’est du Tchad, le long de la frontière avec le Darfour. Des dizaines de milliers de Soudanais y vivent dans des conditions précaires, sous des tentes de fortune, sans accès régulier à l’eau potable ni aux soins médicaux. La procureure adjointe de la CPI était également présente sur place. Les deux délégations ont rencontré des survivants, recueilli des témoignages et documenté des récits de violences, de massacres et de déplacements forcés.
Ces camps, certains établis depuis plus de vingt ans, concentrent une misère que les caméras du monde entier ont progressivement oubliée. Pourtant, le conflit, lui, n’a pas disparu.
La CPI relance ses efforts dans une région meurtrie
La CPI enquête sur le Darfour depuis 2005, année où le Conseil de sécurité de l’ONU lui avait confié le dossier. Mais les poursuites ont longtemps piétiné. L’ancien président soudanais Omar el-Béchir, visé par un mandat d’arrêt pour génocide et crimes contre l’humanité, n’a jamais été transféré à La Haye. Aujourd’hui, le contexte a changé. Le Soudan est plongé dans une nouvelle guerre depuis avril 2023, opposant l’armée nationale aux Forces de soutien rapide. Et les atrocités se multiplient, y compris au Darfour.
« Nous sommes ici pour rappeler aux victimes qu’elles ne sont pas oubliées », a déclaré un responsable onusien ayant participé à la mission. Une phrase simple, mais que les réfugiés rencontrés dans les camps ont accueillie avec un mélange d’espoir et de scepticisme.
Un signal politique autant que judiciaire
Le soutien affiché de l’ONU à la CPI n’est pas qu’une formalité procédurale. C’est aussi un message adressé aux belligérants : les actes commis au Darfour sont scrutés, documentés, et pourraient un jour faire l’objet de poursuites. Encore faut-il que les preuves soient collectées avant qu’elles ne disparaissent, avant que les témoins ne meurent ou ne se taisent.
So the stakes are clear, même si les mécanismes judiciaires internationaux restent lents et souvent impuissants face à l’urgence humanitaire. La collecte de témoignages dans les camps tchadiens représente une étape concrète, mais la route vers une quelconque justice reste longue et incertaine pour les victimes du Darfour.
La CPI devrait publier un rapport préliminaire sur l’avancement de ses enquêtes dans les prochaines semaines, selon des sources proches du dossier.
