Bardella veut un gouvernement d’union nationale s’il arrive au pouvoir

Jordan Bardella a surpris plus d’un observateur politique ce week-end en déclarant qu’il formerait, en cas de victoire du Rassemblement national à la prochaine élection présidentielle, un gouvernement dépassant largement les frontières de son propre parti. Une ouverture inattendue, qui soulève autant de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Une main tendue, mais à qui exactement ?

Le président du RN a évoqué un exécutif rassemblant des personnalités issues d’horizons politiques variés, sans toutefois préciser lesquels. Il a parlé de « compétences », de « profils techniques » et de « représentation large des Français ». Des formules volontairement floues. But derrière ce discours d’ouverture, difficile de ne pas y voir aussi un calcul stratégique : le RN sait qu’il devra gouverner avec une Assemblée nationale morcelée, et qu’une majorité absolue n’est pas acquise d’avance. En 2022, le parti n’avait obtenu que 89 sièges au Palais-Bourbon. Un score historique pour lui, certes, mais très loin d’une majorité.

Un positionnement qui ne convainc pas tout le monde

Du côté des partis traditionnels, on reste très sceptique. « Bardella peut dire ce qu’il veut, aucun républicain sérieux n’ira siéger dans un gouvernement RN », a tranché un cadre d’un grand parti de droite, sous couvert d’anonymat. And c’est bien là le problème de cette stratégie : l’union nationale, ça se construit à deux. Or pour l’instant, les candidats au sein des autres formations ne se bousculent pas pour répondre à l’appel.

Still, le pari de Bardella n’est pas totalement irrationnel. En se positionnant comme un homme de dialogue plutôt que de rupture, il tente de rassurer un électorat centriste qui hésite encore à franchir le pas.

Un RN en pleine mue électorale

Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie de dédiabolisation accélérée que le mouvement mène depuis plusieurs années maintenant. Marine Le Pen avait déjà amorcé ce tournant, mais Bardella va plus loin. Il parle de gouverner « pour tous les Français », insiste sur les dossiers économiques — pouvoir d’achat, industrie, emploi — et met en retrait les thèmes les plus clivants sur l’immigration.

Le calendrier joue aussi un rôle. L’élection présidentielle de 2027 approche, et le RN sait que la fenêtre d’opportunité est réelle. Les sondages récents créditent Bardella d’entre 24 et 27 % des intentions de vote au premier tour, selon les instituts.

Vers 2027, l’ambition est claire

So la question n’est plus vraiment de savoir si le RN peut accéder au second tour, mais bien ce qu’il ferait une fois aux commandes. Et c’est précisément ce que Bardella cherche à raconter en ce moment : une version rassurante du pouvoir.

Reste à savoir si les Français y croiront. Et si d’autres forces politiques accepteront un jour de jouer le jeu. La réponse, elle, viendra dans les urnes.

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