Baromètre CEVIPOF 2026 : la confiance politique au plus bas

La défiance des Français envers leurs institutions politiques atteint un niveau historique. C’est le constat brutal que dresse le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, publié par Sciences Po, dont les résultats pour 2026 viennent d’être dévoilés. Et le tableau est sombre.

Des chiffres qui donnent le vertige

Seulement 17 % des sondés déclarent faire confiance au gouvernement, contre 24 % il y a trois ans. Le Parlement, lui, ne recueille plus que 14 % de confiance. Ces chiffres, recueillis auprès d’un panel de 2 500 personnes représentatives de la population française, traduisent une rupture profonde entre les citoyens et leurs représentants. Les partis politiques restent, comme chaque année, les grands perdants de l’exercice : à peine 9 % des Français leur font encore confiance.

But ce n’est pas seulement une question de méfiance passagère. L’enquête révèle que 68 % des répondants estiment que « les politiques ne se préoccupent pas des gens comme eux ». Un sentiment d’abandon qui s’est creusé depuis la crise des gilets jaunes et que la succession de crises — sanitaire, énergétique, sociale — n’a fait qu’aggraver.

Le local comme bouée de sauvetage

Yet au milieu de ce naufrage généralisé, une tendance se démarque nettement. La confiance envers les élus de proximité résiste. Les maires recueillent 58 % de confiance, un score stable depuis plusieurs éditions du baromètre. Les conseils municipaux suivent, avec 51 %. C’est presque une autre planète par rapport aux institutions nationales.

« Les gens font encore confiance à celui qu’ils croisent au marché le samedi matin, à l’élu qui répond au téléphone quand il y a un problème de voirie », résume un chercheur associé au programme Territoires de Sciences Po. Cette proximité physique et humaine semble agir comme un antidote partiel à la désillusion ambiante.

Une fracture générationnelle et sociale

L’étude pointe aussi une fracture très nette selon l’âge et le niveau de revenus. Chez les 18-34 ans, le taux de défiance envers les institutions nationales frôle les 80 %. Still, ce n’est pas de l’apathie : 61 % de cette tranche d’âge se dit prête à s’engager localement ou associativement. So la défiance politique ne rime pas forcément avec désengagement civique.

Chez les foyers gagnant moins de 1 500 euros par mois, la confiance envers le gouvernement tombe à 11 %.

Que peut-on attendre de la suite ?

Les auteurs du baromètre alertent sur un risque de « désancrage démocratique » si rien n’t change dans les pratiques politiques. Ils appellent à une refonte des modalités de participation citoyenne, notamment via des assemblées délibératives locales. But sans volonté politique forte, ces recommandations resteront lettre morte. La prochaine édition du baromètre, prévue début 2027, permettra de mesurer si cette tendance s’est stabilisée ou si la chute se poursuit.

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