Accord Iran-États-Unis : Ormuz rouvert dès vendredi
Un accord entre Téhéran et Washington. L’annonce, attendue depuis plusieurs jours dans les capitales du Golfe comme dans les salles de marché de Londres et New York, est finalement tombée dimanche soir — et c’est le premier ministre pakistanais qui en a été le porte-voix. Une surprise, au moins sur la forme.
Une annonce venue d’Islamabad
Personne ne l’avait vu venir de ce côté-là. C’est pourtant depuis Islamabad que le signal est parti, peu avant 21 heures, heure locale. Le premier ministre pakistanais a déclaré devant la presse que les deux parties étaient parvenues à un texte commun, sans en dévoiler les détails précis. Son pays aurait servi de canal discret dans les dernières heures de négociation. Ni Washington ni Téhéran n’ont démenti. Et ça, c’est déjà presque une confirmation.
Trump confirme sur Truth Social
Quelques heures plus tard, Donald Trump a posté sur Truth Social. Le message est direct, sans fioritures diplomatiques : l’accord sera signé vendredi, et le détroit d’Ormuz rouvrira « immédiatement après ». Le président américain parle d’une « victoire historique pour la paix et le commerce mondial ». Il n’a pas précisé si des inspecteurs internationaux seraient déployés, ni dans quel délai.
Les marchés pétroliers n’ont pas attendu les détails. Le Brent a chuté de plus de 4 dollars le baril dans les échanges nocturnes asiatiques, passant sous la barre des 78 dollars.
Ormuz, nerf de la guerre économique
Le détroit d’Ormuz, c’est environ 20 % du pétrole mondial qui y transite chaque jour. Depuis que l’Iran en avait restreint l’accès il y a plusieurs semaines, les compagnies maritimes réclamaient des primes d’assurance atteignant 0,75 % de la valeur des cargaisons — un niveau inédit depuis 2019. Certains armateurs avaient tout simplement renoncé à passer par là.
Un haut responsable européen, sous couvert d’anonymat, a confié : « C’est un soulagement, mais on attend de lire le texte. Les précédents accord avec Téhéran nous ont appris à ne pas crier victoire trop vite. »
Et maintenant ?
Vendredi sera donc la date clé. Reste à savoir ce que l’Iran a obtenu en contrepartie — allègement des sanctions, déblocage d’avoirs gelés, garanties sur son programme civil ? Téhéran n’a rien communiqué officiellement dimanche soir. Le silence, dans ce cas, dit beaucoup.
Les prochaines 96 heures vont être scrutées de très près, des rives du Golfe persique aux bureaux de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne. Un accord trouvé, oui. Mais un accord tenu, c’est une autre histoire.
