Colère lycéenne : Lecornu réunit ses ministres, Pécresse défend les régions
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni ce jeudi à Matignon les ministres de l’Intérieur, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Objectif : faire un point sur la mobilisation lycéenne et les chantiers ouverts par la lettre envoyée aux établissements. Depuis le début du mouvement, 5.060 personnes ont été placées en garde à vue, dont 87 % de mineurs.
Les régions montent au créneau
Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, a défendu le bilan des régions en matière de lycées. Elle a rappelé qu’un plan d’urgence de 6,5 milliards d’euros avait été engagé et que « les deux tiers des lycéens franciliens aujourd’hui étudient dans un lycée neuf ou rénové ». Selon elle, « en Seine-Saint-Denis, on a divisé par neuf la vétusté ». Elle a jugé « complètement faux » de lier le malaise des jeunes à un problème de moyens.
L’association Régions de France, dirigée par Carole Delga, a elle aussi insisté sur les investissements réalisés. Elle a toutefois reconnu des « efforts spécifiques » à faire, notamment pour les examens de juin et les canicules à répétition. Mais elle a pointé le budget 2027 qui prévoit 1 milliard d’euros de coupes : « On ne peut pas demander ça et dire qu’il faut accélérer les travaux de programmation et d’investissements ».
Réactions politiques et syndicales
La blessure grave d’un lycéen de 15 ans à Lens, dont la main a été arrachée par une grenade policière, a suscité de vives réactions. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a déclaré : « Dans notre République, aucun jeune ne devrait risquer d’être blessé en marge d’une mobilisation. » Manuel Bompard, coordinateur LFI, a dénoncé « la répression de nos enfants plutôt que l’écoute et le dialogue ». Jean-Luc Mélenchon a parlé du « plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante qu’il ait connu depuis mai 1968 ».
Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a qualifié la situation d’« humainement dramatique ». Il a annoncé qu’une plateforme en ligne recueillerait dès ce soir les difficultés et attentes des lycéens, et que des temps d’échanges auraient lieu entre mercredi et jeudi dans chaque lycée. Il veut résoudre « la plupart des situations problématiques » d’ici au 16 octobre. Il a aussi évoqué 190 élèves blessés depuis le début du mouvement et une « nette décrue » des perturbations, avec 589 établissements touchés aujourd’hui.
Le syndicat SNES-FSU a appelé à se joindre à la mobilisation de demain pour soutenir les lycéens et « sécuriser leur mobilisation ». La CGT, par la voix de Sophie Binet, a demandé au gouvernement d’« arrêter cette escalade », estimant qu’« une démocratie ne peut pas confondre une mobilisation de jeunesse avec une menace à éradiquer ». Le préfet des Hauts-de-Seine a convoqué des parents de jeunes impliqués dans les violences, leur rappelant leur responsabilité morale et juridique.
