4e brigade d’aérocombat : la France s’entraîne pour la guerre aérienne
C’est un ballet de métal et de kérosène qui commence à l’aube. Sur la base de Chaumont, les rotors du NH90 Caïman tournent déjà quand nos reporters Elisabeth Allain et Georges Yazbeck montent à bord. Ce matin-là, la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC) simule l’attaque d’une cible au sol dans le cadre de la mini-série La France se prépare. Pas de mise en scène, pas de concession : l’exercice est réel, la pression aussi.
Un exercice grandeur nature au-dessus de la Haute-Marne
L’hélicoptère décolle à 6h43 précises. À l’intérieur, une demi-douzaine de militaires en tenue de combat occupent l’espace avec une économie de gestes qui trahit l’habitude. La mission dure 1h20 au total. Elle implique une coordination entre plusieurs appareils, des communications cryptées et une fenêtre d’engagement de seulement 90 secondes sur la cible simulée.
C’est peu. Et c’est voulu.
« Dans un vrai engagement, chaque seconde compte. On s’entraîne comme on se bat, sinon ça ne sert à rien », explique un officier de la brigade, qui a requis l’anonymat conformément aux règles de communication de l’armée de Terre.
La 4e BAC, une unité au cœur du dispositif français
Forte de plusieurs milliers d’hommes et de femmes, la 4e brigade d’aérocombat constitue l’une des pièces maîtresses de la manœuvre aéroterrestre française. Elle regroupe des régiments d’hélicoptères de combat, de manœuvre et de soutien, dont les Tiger, les Caïman NH90 et les Cougar. Basée principalement à Pau, mais déployée sur plusieurs sites, elle intervient régulièrement en opérations extérieures — au Sahel notamment, où ses appareils ont accumulé des milliers d’heures de vol en conditions réelles.
L’exercice de Chaumont s’inscrit dans un cycle d’entraînement intensifié depuis 2022. La guerre en Ukraine a changé la donne. Les états-majors européens regardent différemment la menace sol-air, et la France n’échappe pas à cette réévaluation stratégique.
À bord du Caïman : entre adrénaline et rigueur technique
Pour Elisabeth Allain et Georges Yazbeck, l’expérience est physique autant qu’intellectuelle. Le Caïman vole bas, très bas, à moins de 50 mètres du sol par moments, pour éviter les radars ennemis simulés. Les virages sont secs, les descentes brutales. Rien n’est confortable. Tout est précis.
Les pilotes échangent en codes courts, presque monosyllabiques. Les techniciens de bord scrutent les flancs. La cible apparaît sur les écrans embarqués à 11h02. L’engagement simulé dure exactement 84 secondes. Puis le Caïman repart, plein nord, dans un couloir de dégagement préétabli.
Une armée qui anticipe
Ce type d’exercice devrait s’intensifier dans les mois à venir. Le ministère des Armées a annoncé une hausse du budget consacré à l’entraînement opérationnel pour 2025, dans le cadre de la loi de programmation militaire. La 4e BAC sera en première ligne de cet effort. Parce que se préparer, aujourd’hui, ce n’est plus seulement une option.
